France : Amnesty dénonce la répression des lycéens mobilisés
11:13, 02/10/2026, vendredi
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Plus de 400 établissements scolaires sont restés fermés vendredi 2 octobre, notamment en raison de dégradations affectant la sécurité de certains sites ou de menaces visant des personnels.Amnesty International France a dénoncé jeudi le recours excessif à la force lors d'interventions policières contre des lycéens mobilisés, faisant état de plusieurs adolescents grièvement blessés par des tirs de lance-grenades ou des saisies violentes.
Blessures graves lors d'interventions policières
Selon Amnesty International France, un lycéen de quatorze ans a été grièvement blessé le 28 septembre à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise, après avoir reçu un projectile tiré à très courte distance avec un lance-grenades.
L'adolescent, touché à la mâchoire, a perdu plusieurs dents et a été hospitalisé à Pontoise. Par ailleurs, l'organisation a signalé le cas d'une adolescente du même âge qui aurait été saisie violemment au cou par un policier devant son lycée à Alençon, le 29 septembre, rappelant que les techniques d'étranglement en maintien de l'ordre sont formellement interdites.
De plus, Amnesty a évoqué un lycéen blessé à l'œil à Tours lors du blocage de son établissement, le 30 septembre. Selon le parquet, les lésions constatées étaient
"compatibles"
avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD), sans que l'origine exacte de la blessure soit établie à ce stade. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de ces différents incidents, tandis que le Défenseur des droits s'est également saisi de l'affaire de Saint-Ouen-l'Aumône.
Appels à la proportionnalité et à la suspension du LBD
Amnesty International France a souligné que, même en cas de violences commises par certains manifestants, l'usage de la force devait rester strictement proportionné.
"Soyons clairs : depuis le début des blocus, il y a aussi eu des violences de la part de certains manifestants. Elles ne sont pas acceptables"
, a indiqué l'organisation, ajoutant que le recours à la force devait respecter ce principe de proportionnalité même dans ces situations.L'organisation a notamment estimé que les lance-grenades ne doivent jamais être utilisés en tir direct contre des personnes et a renouvelé son appel à suspendre l'utilisation du LBD 40 lors des manifestations.
En outre, elle a rappelé que les lycéens, y compris mineurs, disposent du droit de manifester pacifiquement, appelant les autorités à privilégier "le dialogue et la désescalade" face aux tensions.
Le gouvernement dénonce une montée des violences
De son côté, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l'ouverture de trois enquêtes de l'IGPN concernant des adolescents blessés au cours des mobilisations.
Le gouvernement a fait état de violences aux abords de plusieurs établissements, notamment des dégradations, des incendies, des tirs de mortiers d'artifice et des affrontements avec les forces de l'ordre.
Matignon a dénoncé jeudi une
"bascule de violence"
, tandis que l'exécutif estimait que le mouvement avait évolué vers des "violences urbaines".
Selon le bilan communiqué par le ministère de l'Intérieur, 1 949 interpellations ont été réalisées au cours de la journée de jeudi, principalement pour des violences, des attroupements et des atteintes à des personnes dépositaires de l'autorité publique.
Le ministre a précisé que 284 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis le début du mouvement. Laurent Nuñez a demandé aux forces de sécurité de rétablir l'ordre lorsque cela était nécessaire, tout en rappelant l'exigence de proportionnalité dans leur intervention.
Ampleur du mouvement et fermetures d'établissements
La mobilisation a touché jeudi 1 027 établissements, dont 222 ont fait l'objet de blocages partiels ou complets, selon les chiffres officiels. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a fait état de 235 blessés depuis lundi dans les établissements scolaires, dont 170 élèves et 65 membres du personnel.
Plus de 400 établissements scolaires sont restés fermés vendredi 2 octobre, notamment en raison de dégradations affectant la sécurité de certains sites ou de menaces visant des personnels.
Dans ce contexte, le mouvement s'est également étendu aux universités. L'Union étudiante affirme qu'une trentaine de campus ont été bloqués, un chiffre qui n'a pas été confirmé par les autorités.
Pour rappel, cette mobilisation est née de revendications portant notamment sur le manque d'enseignants et de personnels, l'état des établissements et les conditions de scolarité, avant de s'étendre progressivement à plusieurs régions du pays.
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