Féminicides en France: 111 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025

La rédaction avec
12:34, 15/10/2026, jeudi
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Féminicides en France: 111 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025
Dimitar DILKOFFAFP
En 2025, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, soit 4 % de plus qu'en 2024.

En 2025, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, soit 4 % de plus qu'en 2024. L'étude annuelle du ministère de l'Intérieur recense 136 morts violentes au sein du couple. Beaucoup de victimes avaient déjà signalé des violences ou déposé plainte. Neuf infanticides ont aussi eu lieu dans ce contexte. Le bilan relance le débat sur les moyens de protection.

En France,
les féminicides
restent à un niveau alarmant. Selon l'étude annuelle du ministère de l'Intérieur, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025. C'est 4 % de plus qu'en 2024. Ce bilan, rendu public mercredi, rappelle une réalité: les violences conjugales tuent toujours, malgré les alertes et les plaintes.

Féminicides en France: 111 femmes tuées en 2025

Les chiffres viennent des forces de l'ordre. Police et gendarmerie ont enregistré 136 morts violentes au sein du couple en 2025. Parmi elles, 111 victimes sont des femmes. Les 25 autres sont des hommes.

Le nombre de femmes tuées progresse de 4 % sur un an. En revanche, celui des hommes recule de 19 %. Ainsi, la hausse concerne uniquement les victimes féminines.

Pour comparer, l'étude précédente comptait 107 femmes tuées en 2024. Elle recensait 138 morts violentes au total, dont 31 hommes. Elle signalait aussi 403 tentatives d'homicide au sein du couple.

Un décès tous les trois jours au sein du couple

Ces 136 morts représentent, en moyenne, un décès tous les trois jours. Le rythme reste donc le même que l'an dernier. Chaque chiffre correspond à une vie brisée et à des proches endeuillés.

Par ailleurs, ces données ne disent pas tout. Elles ne mesurent que les faits enregistrés par la police et la gendarmerie. Les violences qui n'ont jamais été signalées échappent aux statistiques.

Des victimes qui avaient déjà alerté les autorités

L'étude livre un constat très préoccupant. Parmi les femmes tuées, 37 % avaient déjà subi des violences de la part de leur agresseur. Parmi elles, 61 % les avaient signalées à la police ou à la gendarmerie.

De plus, 88 % des femmes qui avaient effectué un signalement avaient déposé plainte. Autrement dit, ces victimes ont fait ce que l'on attend d'elles. Elles ont parlé et elles ont saisi la justice. Pourtant, elles n'ont pas été protégées.

Les dispositifs de protection restent très peu présents dans ces dossiers. Une seule victime bénéficiait d'un téléphone grave danger. Ce dispositif est remis par la justice aux personnes menacées. Une autre victime disposait d'un bouton d'alerte appelé "Monshérif". Il permet de prévenir des contacts choisis à l'avance et de leur envoyer sa localisation.

Dispute, séparation et domicile

L'étude détaille aussi le contexte des faits. Dans 26 % des cas, une dispute avait précédé le meurtre. Dans 22 % des cas, l'auteur n'acceptait pas la séparation.

Cette dernière donnée mérite une attention particulière. En effet, le moment de la rupture est souvent le plus dangereux pour une femme. L'étude de 2024 retenait une part de 16 % pour les séparations non acceptées. La proportion semble donc avoir augmenté, même si les chiffres doivent être comparés avec prudence.

Le lieu du crime est presque toujours le même. Les trois quarts des homicides ont eu lieu au domicile du couple, de la victime ou de l'auteur. Le foyer, censé protéger, devient alors le lieu du danger.

Armes blanches, armes à feu

Les auteurs ont utilisé des armes blanches dans 52 cas. Ils ont eu recours à des armes à feu dans 30 cas. Ces chiffres montrent la violence extrême de ces passages à l'acte.

Les auteurs sont majoritairement des hommes. Leur âge médian est de 50 ans. Ce profil rappelle que les violences conjugales touchent tous les âges et tous les milieux.

Enfin, la carte des victimes varie selon les territoires. Le Nord a enregistré le plus de victimes, avec huit morts. Les Bouches-du-Rhône suivent avec sept morts.

Neuf infanticides dans un contexte conjugal

Le bilan ne se limite pas aux couples. Neuf infanticides ont également été commis dans un contexte d'homicide conjugal ou de violences conjugales. Des enfants sont donc morts dans ces drames.

Les enfants paient aussi un lourd tribut quand ils survivent. L'étude de 2023 notait déjà que certains avaient assisté à la scène. Beaucoup perdent un parent, parfois les deux. Ces traumatismes les marquent pour longtemps.

Un bilan qui interroge la politique de protection

Ces chiffres relancent le débat sur les moyens de l'État. En France, les associations féministes réclament depuis des années un budget à la hauteur. La Fondation des femmes jugeait déjà la situation dramatique en octobre 2025. Sa présidente, Anne-Cécile Mailfert, estimait que cette lutte n'était plus une priorité nationale.

D'ailleurs, plusieurs rapports officiels vont dans le même sens. La Cour des comptes, le Sénat et l'Assemblée nationale ont dénoncé un financement insuffisant. Le président Emmanuel Macron avait pourtant fait de cette cause une
"grande cause nationale"
à son arrivée au pouvoir.

Dans ces conditions, une question s'impose. Comment expliquer que des femmes ayant alerté les autorités aient été tuées malgré tout ? Ce constat invite à examiner la réponse des institutions. Il faut mieux évaluer le danger, protéger plus vite et suivre les auteurs de près.

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