15:18, 14/10/2026, mercredi
Mobilisation lycéenne: charges et canon à eau à Paris pour l'acte V
Mardi 13 octobre, l'acte V de la mobilisation lycéenne et étudiante s'est achevé par des heurts aux Invalides, à Paris. Les policiers ont chargé et utilisé un canon à eau contre le cortège, tandis que des manifestants lançaient des projectiles. Les jeunes réclament plus de moyens pour l'éducation, la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros. Le gouvernement multiplie les annonces, mais les syndicats les jugent insuffisantes.
Mardi 13 octobre, des policiers ont chargé les manifestants à Paris. Ils ont aussi utilisé un canon à eau contre le cortège, aux Invalides. Ces scènes ont clos l'"acte V" de la
mobilisation lycéenne
et étudiante.Les jeunes réclament davantage de moyens pour l'éducation. Pourtant, les affrontements dominent les images de la journée. Selon les informations de presse, des manifestants ont lancé des projectiles et commis des dégradations. En face, les CRS ont chargé et tiré des gaz lacrymogènes.
Acte V: un cortège de la place d'Italie aux Invalides
L'Union étudiante avait appelé à manifester à Paris à 14 h. Le cortège devait partir de la place d'Italie. Il devait rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l'Éducation.
Ce choix n'a rien d'anodin. Le syndicat l'a d'ailleurs résumé sur X : "Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher". Les lycéens veulent donc porter leur colère devant ceux qui décident.
Cet acte V intervient après quatre autres journées de mobilisation nationale. Par conséquent, la pression monte des deux côtés.
Des affrontements qui émaillent la journée
À la fin de la manifestation parisienne, des heurts ont éclaté aux Invalides. Les policiers ont chargé les manifestants. Ensuite, ils ont utilisé un canon à eau sur le cortège.
Ces méthodes posent question. En effet, de nombreux manifestants sont des lycéens, souvent mineurs. Face à des adolescents, le recours à un canon à eau paraît disproportionné.
Du côté des manifestants, des jets de projectiles et des dégradations ont été rapportés. Ces actes alimentent le discours sécuritaire du pouvoir. Cependant, ils ne résument pas un mouvement qui mobilise des dizaines de milliers de jeunes depuis un mois.
Un bilan officiel de l'acte V reste à confirmer. Les chiffres de blessés et d'interpellations restent à vérifier.
Pourquoi la mobilisation lycéenne dure depuis septembre
Le mouvement a démarré à la mi-septembre en région parisienne. Ensuite, il s'est étendu à tout le pays. Les lycéens dénoncent les professeurs non remplacés, les emplois du temps surchargés et la pression de Parcoursup, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur.
Ils pointent aussi des bâtiments délabrés. Chauffage en panne, fuites d'eau et sanitaires insalubres figurent parmi leurs griefs, rappelle Public Sénat. Ces conditions pèsent sur le quotidien des élèves.
L'Union syndicale lycéenne exige la suppression de Parcoursup. Elle réclame aussi un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées. Selon elle, les concessions obtenues jusqu'ici restent dérisoires.
Le mouvement pèse lourd. Ainsi, l'acte III du 6 octobre a réuni plus de 250 000 personnes en France, dont 56 000 à Paris, selon les chiffres officiels relayés par Euronews.
Un bilan humain qui nourrit la colère
La mobilisation compte déjà de graves blessés. Selon l'AFP, un mineur a eu une main arrachée à Lens. Un autre a perdu un œil à Tours.
Ces cas ravivent les critiques sur les méthodes de maintien de l'ordre, souligne Euronews. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a condamné les violences. Toutefois, il a refusé de
"jeter l'opprobre sur la police de la République"
, rapporte Public Sénat.Les violences touchent aussi l'école. Le ministère de l'Éducation nationale a recensé au moins huit personnels blessés lundi 12 octobre. De plus, les chiffres officiels cités par l'AFP faisaient état de plus de 700 blessés parmi les forces de l'ordre avant l'acte III. Près d'une centaine de personnels de l'éducation étaient aussi touchés.
De leur côté, les organisations lycéennes condamnent la violence. Le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, l'a dit clairement:
"La violence, c'est non"
. Les jeunes veulent être entendus, pas affrontés.Un gouvernement qui répond à moitié
Face à la pression, l'exécutif a changé de ton. Il a d'abord privilégié le maintien de l'ordre, note l'AFP. Puis il a présenté des réponses plus politiques.
Matignon a lancé une plateforme de concertation pour les élèves. Près des trois quarts des contributions dénoncent des emplois du temps surchargés. La moitié citent des problèmes de bâtiments.
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a promis des amendements au budget 2027. Ils reprendront une partie des propositions formulées. De son côté, le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé 3 000 professeurs remplaçants en urgence.
Cependant, ces annonces convainquent peu. Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées, juge la mesure déconnectée du terrain. Certains enseignants doivent remplacer dans une autre discipline que la leur. La CGT dénonce des réponses cosmétiques face à une colère profonde.
Emmanuel Macron a, lui, demandé une mobilisation dans le calme et le respect des personnes et des biens. Or, une plateforme en ligne ne remplace pas un plan d'investissement pour les écoles.
Ce qu'il faut retenir de l'acte V
L'acte V révèle la fracture entre la jeunesse et le pouvoir. D'un côté, des lycéens exigent des établissements dignes. De l'autre, l'exécutif répond d'abord par des charges, un canon à eau et des consultations.
Ainsi, le dialogue reste fragile. Les organisations lycéennes ont prévenu qu'elles ne lâcheraient rien. Le gouvernement doit donc passer des annonces aux budgets.
Nouvelle Aube continuera de suivre cette mobilisation de la jeunesse et ses revendications pour l'école publique.
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