Selon le collectif Féminicides, qui recense depuis 2016 les cas relayés dans la presse, 36 femmes ont été tuées depuis le début de l’année 2026 par leur compagnon ou ex-compagnon.
La Fondation des femmes a estimé que les dispositifs de protection existants demeuraient "inégalement déployés"
, près de sept ans après le Grenelle des violences conjugales lancé en 2019 par le gouvernement français pour renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes. L’organisation cite notamment les bracelets anti-rapprochement, destinés à empêcher un auteur de violences d’approcher sa victime, les ordonnances de protection délivrées par la justice ou encore le "téléphone grave danger"
, un dispositif d’alerte permettant de joindre rapidement les forces de l’ordre. "Depuis 2024, les moyens baissent avec pour conséquence directe l’augmentation des féminicides"
, affirme la Fondation des femmes, évoquant une hausse de 76 % des demandes d’hébergement d’urgence non satisfaites entre 2022 et 2025 ainsi qu’une diminution des subventions accordées à certaines associations féministes.Contexte marqué par plusieurs affaires récentes
Selon elle, plusieurs permanences d’accompagnement ont dû fermer, notamment dans des zones rurales où "la majorité des féminicides ont lieu"
. Même constat du côté de l’Union nationale des familles de féminicides (UNFF). Sa présidente, Sandrine Bouchait, a appelé les autorités à "passer à l’action"
, jugeant les chiffres "alarmants"
. Elle a également mis en garde contre les violences dites « vicariantes », un terme désignant des violences exercées contre une femme à travers des tiers, notamment les enfants ou les proches.
Les alertes des associations interviennent dans un contexte marqué par plusieurs affaires récentes.
Dans le Val-d’Oise, un homme est soupçonné d’avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants avant de se suicider. À Paris, une jeune femme a été retrouvée morte dans la baignoire de son studio le 8 mai et son conjoint est soupçonné par les enquêteurs.
En Moselle, le parquet de Sarreguemines enquête également sur un possible féminicide après la découverte des corps d’une femme et d’un homme présentant des blessures à l’arme blanche.
Selon les derniers chiffres officiels publiés en octobre, 107 femmes ont été tuées en 2024 par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait alors qualifié cette situation d’"insupportable"
, assurant que "la mobilisation des policiers et des gendarmes"
restait "totale"
. Depuis plusieurs années, les associations féministes réclament un renforcement des moyens alloués à la justice, à l’hébergement d’urgence et à la protection des victimes, estimant que les annonces gouvernementales ne suffisent pas à enrayer les violences conjugales.
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