Saisie par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, l’IGJ estime dans son rapport que "le danger extrême pesant sur la victime n’a été ni correctement évalué, ni suffisamment anticipé"
. Elle relève des "fragilités significatives dans l’évaluation du risque, le traitement des plaintes et la coordination judiciaire".
L’institution souligne un "paradoxe"
déjà observé dans d’autres affaires : malgré l’existence "d’outils nombreux"
et d’un "cadre clair"
, leur efficacité repose sur une coordination "qui, en l’espèce, n’a pas fonctionné"
. Le rapport insiste notamment sur "la nécessité d’un pilotage renforcé du suivi des dossiers de violences intrafamiliales par le parquet"
. Âgée de 25 ans, Inès Mecellem avait été retrouvée poignardée à son domicile. Deux jours avant sa mort, elle avait activé le téléphone grave danger (TGD) dont elle était dotée, se disant traquée par son ex-compagnon. Interpellé, celui-ci avait ensuite été relâché. Le principal suspect est toujours recherché pour assassinat.
Plainte pour non-assistance en danger
La jeune femme s’était rendue à cinq reprises au commissariat entre le 10 juillet et le 28 août, affirmant être harcelée et menacée de mort. Après le drame, la famille a porté plainte pour non-assistance à personne en danger contre le commissariat de Poitiers. La procédure est en cours d’examen après un dépaysement vers le parquet général d’Orléans.
Selon des informations transmises à la justice, l’enquête administrative de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) évoque des dysfonctionnements liés à l’organisation du commissariat durant l’été, des problèmes d’effectifs et un enchaînement de décisions ayant conduit à ce que le dossier ne soit pas traité en priorité. Le directeur général de la police nationale devra décider d’éventuelles suites disciplinaires.
167 féminicides recensés en France en 2025
Un homme soupçonné d’avoir aidé l’ex-compagnon dans sa fuite a été mis en examen en décembre pour "soustraction d’un criminel à l’arrestation ou aux recherches".
Peu avant la publication du rapport, Gérald Darmanin a annoncé un "changement de méthode"
dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Il a notamment évoqué la création prochaine d’un guichet national des téléphones grave danger, l’homogénéisation des stages de responsabilisation des auteurs de violences sexistes et sexuelles et l’expérimentation d’audiences communes civiles et pénales.
Selon les associations féministes, 167 féminicides ont été recensés en France en 2025. Les chiffres officiels font état de 107 féminicides conjugaux en 2024, en hausse sur un an.
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