Equateur: le fléau du racket, jusque dans les maisons

Appareils électroménagers, meubles et même une table de billard: les narcotrafiquants s'installent confortablement dans les maisons des familles équatoriennes qui refusent de se soumettre à leur racket.
Sous le toit de tôle brûlant d'une modeste maison de la ville de Duran (sud-ouest), envahie par la violence des bandes criminelles, des hommes abattent à coups de pied des cloisons en bois improvisées et jettent à la rue assiettes, électroménager, lits et autres meubles apportés par les criminels qui se sont appropriés des lieux.
À la faveur d'une vaste opération, les forces de sécurité ont récupéré la maison, comme elles l'ont fait pour de nombreux autres logements de victimes de cette nouvelle forme de racket dans le pays, où des organisations illégales mettent la main sur certains quartiers considérés comme stratégiques pour le trafic de drogue.
La propriétaire explique avoir payé 300 dollars aux criminels, une somme cependant insuffisante pour faire cesser les menaces contre sa famille. Et d'assurer:
J'ai dû partir par peur (...) Ils tuent n'importe qui.
Lorsqu'elle a fui, sa maison n'était pas encore terminée de construire. Huit mois plus tard, elle l'a retrouvée achevée et aménagée au goût des criminels.
Au bord de l'eau
Les bandes criminelles utilisent les maisons abandonnées par les familles pour s'y réfugier, séquestrer des personnes ou y stocker drogue et armes, explique à l'AFP César Peña, procureur de la province de Guayas dont la capitale est Guayaquil. Car de nombreux quartiers de Duran ont notamment pour particularité de donner directement sur le fleuve Guayas, qui se jette plus au sud dans le Pacifique, et qu'empruntent de nombreux bateaux de marchandises à bord desquels les narcos dissimulent la cocaïne.
Les criminels ne se contentent pas de cibler les maisons, ils s'en prennent également aux entreprises et commerces, ainsi qu'aux écoles et organisations de défense des droits humains.
Le Comité des droits humains a enregistré des menaces dirigées contre un militant qui avait installé des caméras de sécurité dans un centre communautaire à Guayaquil.
Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.