Comores: l'opposition rejette les résultats des législatives
13:11, 14/01/2025, mardi
AFP

Ibrahim YOUSSOUFAFP
Des électeurs vérifient la liste électorale dans un bureau de vote à Mitsoudje, le 12 janvier 2025, lors des élections parlementaires comoriennes.Un leader de l'opposition aux Comores, Daoud Abdallah Mohamed, a affirmé lundi qu'il "rejetait d'ores et déjà les résultats de la Commission électorale", au lendemain d'un premier tour des élections législatives largement boycotté par une partie de l'opposition.
"L'élection était émaillée de fraudes grossières, de bourrages d'urnes, dans plusieurs bureaux il y avait plus de votants que d'inscrits",
a dénoncé celui qui fut de 2016 à 2021 le ministre de l'Intérieur sous l'actuel chef de l'État, pour qui les premiers résultats sont très favorables. L'opposition avait majoritairement refusé de participer, dénonçant un manque de transparence dans ce scrutin à deux tours. Près de 338 940 électeurs étaient appelés à élire 33 députés dans cet archipel de l'océan Indien.
La Commission électorale insulaire indépendante (CEII) d'Anjouan, l'île la plus pauvre et la plus densément peuplée de l'archipel, a déclaré élus dès le premier tour les 12 candidats de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), la principale formation au pouvoir dirigée par le président Azali Assoumani.
Ces candidats ont obtenu entre 100 % et 60 % des suffrages exprimés, selon les résultats de la CEII, pour un taux de participation annoncé de plus de 70 %.
"A Anjouan, dans des bureaux de Sima, d'où vient le président de l'Assemblée et bras droit d'Azali, il y avait une faible affluence mais bizarrement, l'urne se remplissait rapidement"
, a rapporté un observateur sous couvert d'anonymat. Le ministre en charge des élections, Fakridine Mahamoud, n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
Sur l'île de Mohéli, quatre des cinq circonscriptions ne comptaient que des candidatures uniques, toutes issues du pouvoir. Le seul opposant, membre du parti Orange, s'est retiré de la course à la mi-journée.
Interrogé sur les accusations de bourrages d'urnes, le président Azali Assoumani, au pouvoir depuis 2016, a rétorqué :
"C'est du déjà entendu",
appelant l'opposition à "apporter la preuve de leurs dénonciations".
Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, l'ex-militaire de 65 ans, vêtu d'une chemise bleue et d'une casquette à l'effigie du Renouveau, s'est rendu dans la médina de Moroni pour
"féliciter les deux députés de Moroni",
la capitale. Daoud Abdallah Mohamed a également annoncé que la coalition de partis baptisée l'Opposition Unie
"ne participerait pas aux élections communales"
prévues le 16 février, en parallèle du second tour des législatives. À lire également:

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