Ebola en RDC : MSF dénonce une réponse dépassée
15:01, 15/06/2026, lundi
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@MarioNawfalX
L’insécurité qui règne dans certaines zones de l’est du pays continue également d’entraver les opérations sanitaires et limite l'accès des équipes médicales aux populations affectées.Médecins sans frontières (MSF) a alerté ce lundi sur d’importantes insuffisances dans la réponse à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), estimant que la propagation du virus dépasse les capacités actuellement déployées sur le terrain.
"Un mois après la déclaration d’épidémie, la maladie progresse plus rapidement que la réponse"
, a déclaré Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC. Par ailleurs, de nombreux patients échappent à l'identification et au suivi médical avant leur admission dans les structures de soins, a-t-elle précisé.Dépistage et surveillance sous pression
Des failles structurelles affectent plusieurs volets de la réponse, notamment le dépistage, la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts et l'implication des communautés locales.
L’insécurité qui règne dans certaines zones de l’est du pays continue également d’entraver les opérations sanitaires et limite l'accès des équipes médicales aux populations affectées.
MSF pointe également les obstacles à l'accès aux tests de dépistage dans plusieurs zones touchées, ainsi que les retards significatifs dans l'obtention des résultats en dépit du renforcement récent des capacités analytiques.
Dans certaines provinces, l'analyse des échantillons nécessite encore plusieurs jours, ce qui restreint la détection précoce des cas et compromet les efforts de contenance de la propagation virale.
Bilan et extension géographique
Les autorités sanitaires congolaises ont officiellement recensé plus de 650 cas confirmés et déploré plus de 130 décès depuis le début de l'épidémie.
La seule province de l’Ituri concentre près de 95 % des infections recensées, tandis que l’épidémie due au virus Ebola de type Bundibugyo affecte également les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Toutefois, MSF souligne que le bilan réel pourrait excéder les statistiques actuellement communiquées, compte tenu des difficultés de surveillance sur le terrain.
Contexte sécuritaire et régional
Les zones concernées sont affectées depuis plusieurs années par des conflits armés, des déplacements massifs de population et un accès restreint aux soins de santé. Selon MSF, ces éléments favorisent la circulation du virus et entravent les opérations de prévention et de prise en charge.
L’organisation insiste par ailleurs sur l'impérieuse nécessité de préserver les soins de santé de routine, en particulier pour les femmes enceintes, les campagnes de vaccination, ainsi que la prise en charge du paludisme et du choléra.
Selon les derniers bilans publiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la RDC et l’Ouganda comptabilisent ensemble 695 cas confirmés et 138 décès. La RDC compte à elle seule 676 cas et 136 décès, tandis que l’Ouganda a recensé 19 cas confirmés et deux décès attribuables à des transmissions transfrontalières.
L’OMS évalue le risque comme
"très élevé"
en RDC et "élevé"
en Ouganda, alors que les autorités sanitaires des deux pays poursuivent, avec l'appui de partenaires internationaux, les opérations de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge des patients.A lire également:

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