Cisjordanie: le génocide silencieux
17:49, 30/07/2026, jeudi
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Sur le plan politique, contrôler la Cisjordanie empêcherait la création d'un État palestinien indépendant et souverain.Un universitaire analyse la politique israélienne en Cisjordanie, qu'il décrit comme un projet colonial visant à imposer une souveraineté totale sur les territoires palestiniens.
Depuis son apparition à la fin du XIXe siècle, le mouvement sioniste défend l'idée selon laquelle la Palestine serait
"une terre sans peuple"
. Selon l'auteur, cet objectif vise non seulement à légitimer la création d'un État colonial de peuplement juif en Palestine, mais également à effacer jusqu'à l'existence même du peuple palestinien.Un professeur adjoint de science politique et de relations internationales à l'Université Istanbul Sabahattin Zaim et directeur adjoint du Center for Islam and Global Affairs (CIGA) a analysé cette politique.
L'auteur estime que sans le soutien et l'autorisation des puissances occidentales pour construire des colonies et des avant-postes sur les terres palestiniennes, Israël n'aurait pas pu établir un État colonial en 1948. Selon lui, la création de ces colonies a entraîné le déplacement des populations palestiniennes autochtones, établissant un lien direct entre le projet colonial sioniste et l'expulsion des Palestiniens.
Toujours selon cette analyse, le déplacement forcé des Palestiniens constitue depuis l'origine l'un des fondements de la pensée et de la pratique coloniales israéliennes. La création continue de nouvelles colonies et d'avant-postes illégaux en Cisjordanie, ainsi que les violences qui y sont commises, s'inscrivent dans cette logique.
L'auteur affirme que la situation en Cisjordanie révèle une complémentarité entre les violences perpétrées par les colons israéliens et les politiques mises en œuvre par l'armée et l'État israéliens. Les colons attaqueraient les Palestiniens, détruiraient leurs troupeaux et incendieraient leurs oliviers, tandis que l'armée israélienne poursuivrait ces actions par des tirs, des arrestations, des sièges et des fermetures de villes et de villages.
Selon lui, les Palestiniens considèrent désormais que les violences des colons ne relèvent plus d'actes isolés mais constituent un instrument de la politique de l'État israélien visant à affaiblir leur présence, confisquer leurs terres et faciliter l'expansion des colonies.
Pourquoi la Cisjordanie ?
L'auteur estime que la Cisjordanie revêt une importance stratégique, sécuritaire, économique, politique et religieuse majeure pour Israël.
Les mouvements sionistes religieux et nationalistes désignent ce territoire comme la
"Judée-Samarie"
, qu'ils considèrent comme une partie intégrante et non négociable d'Israël.L'auteur rappelle que la Cisjordanie représente environ 21 % de la Palestine historique, contre seulement 1 % pour la bande de Gaza, estimant que l'attention israélienne se concentrera davantage sur ce territoire après la destruction massive des infrastructures de Gaza.
De l'occupation indirecte à une souveraineté de fait
Selon l'auteur, depuis le 8 octobre 2023, plus de 1 200 Palestiniens auraient été tués en Cisjordanie, plus de 10 000 blessés et plus de 30 000 arrêtés.
Il affirme que plus de 800 checkpoints, barrages routiers et obstacles entravent aujourd'hui les déplacements des Palestiniens, rendant leurs conditions de vie de plus en plus difficiles.
Toujours selon cette analyse, après l'opération
"Déluge d'Al-Aqsa"
du 7 octobre 2023, la stratégie israélienne aurait évolué vers l'imposition d'une souveraineté de fait sur les territoires palestiniens à travers des mesures juridiques, militaires, politiques, économiques et culturelles.L'auteur estime que les violences des colons sont aujourd'hui systématiques et bénéficient du soutien direct de l'État israélien, qui leur garantirait une protection juridique et sécuritaire.
Selon lui, le contrôle exercé sur la vie quotidienne des Palestiniens à travers les checkpoints, les murs, les routes réservées, les arrestations, les destructions d'infrastructures et les intimidations vise à créer des enclaves isolées afin de pousser les Palestiniens au déplacement forcé ou à accepter les conditions imposées par Israël.
Il considère que ce qui se déroule actuellement en Cisjordanie dépasse largement la simple expansion des colonies et constitue un projet organisé visant à annexer l'ensemble du territoire et à instaurer une souveraineté israélienne complète.
Une nouvelle Intifada est-elle inévitable ?
L'auteur estime que l'influence croissante de la droite israélienne la plus radicale, représentée notamment par le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, a contribué à intensifier les violences en Cisjordanie.
Selon lui, afin de préserver sa coalition gouvernementale après les événements du 7 octobre 2023, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait laissé une grande liberté d'action à ces responsables pour mettre en œuvre leurs projets en Cisjordanie et à Jérusalem.
L'auteur estime que la pression croissante exercée sur les Palestiniens laisse présager l'émergence d'une nouvelle Intifada, affirmant que de plus en plus de Palestiniens seraient prêts à s'opposer aux colonies israéliennes.
Il conclut que la Cisjordanie traverse aujourd'hui ce qu'il qualifie de
"génocide silencieux"
, largement éclipsé par d'autres crises internationales telles que la guerre en Ukraine, les tensions autour de l'Iran et du Golfe ou les risques économiques mondiaux.Selon lui, les violations des droits fondamentaux commises contre les Palestiniens ne resteront pas sans conséquences et l'histoire montre que
"la Cisjordanie ne restera pas silencieuse éternellement"
.À lire également:

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