Centrafrique: MSF confirme l'arrestation d'un employé français, mais aussi celle d'un centrafricain
17:56, 10/03/2026, mardi
AFP

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Selon le ministère centrafricain, il est notamment reproché au ressortissant français "des contacts avec des éléments criminels" et "une agitation subversive auprès de la population locale de l'ethnie azandé" pour "la dresser contre les autorités légalement élues" en Centrafrique.L'ONG Médecins sans Frontières a annoncé mardi que deux de ses employés avaient été arrêtés dans le sud de la Centrafrique, un Français, dont les autorités centrafricaines avaient déjà annoncé la veille l'arrestation, mais aussi un Centrafricain.
Ces deux employés
"ont été interpellés à Zemio dans le sud de la République Centrafricaine"
le 4 mars et ont "été transférés à Bangui où ils sont toujours en garde à vue"
, indique l'ONG dans un communiqué.Lundi, le ministère centrafricain de la Défense avait annoncé l'arrestation, le 3 mars, d'un employé français de MSF, sur la base de
"sérieux soupçons d'activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou".
Cette annonce a été faite à l'approche du déplacement prévu jeudi à Bangui du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui doit y rencontrer le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, la première visite d'un chef de la diplomatie française en Centrafrique depuis sept ans.
Selon MSF, les deux employés arrêtés font partie d'une équipe de l'ONG
"présente à Zapay dans le nord de la RDC"
depuis février et "se sont rendus à Zemio sur l'invitation des autorités civiles locales".
Les autorités centrafricaines affirment que l'employé français de MSF est entré illégalement en Centrafrique depuis la République démocratique du Congo (RDC) en contournant les points de passage établis et qu'il ne disposait pas de document justifiant de la légalité de sa présence sur le territoire centrafricain.
"Atteinte à la sûreté de l'Etat"
Selon le ministère centrafricain, il est notamment reproché au ressortissant français
"des contacts avec des éléments criminels"
et "une agitation subversive auprès de la population locale de l'ethnie azandé"
pour "la dresser contre les autorités légalement élues"
en Centrafrique.Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué lundi soir suivre
"très attentivement"
la situation de son ressortissant. "Notre ambassade en République centrafricaine (...) a pu s'assurer qu'il va bien"
et "est en dialogue étroit avec les autorités centrafricaines à son sujet"
, a-t-il fait savoir.Arrêté en mai 2024 dans cette même localité de Zemio, un consultant belgo-portugais d'une ONG américaine, Joseph Figueira Martin reste incarcéré en Centrafrique, après avoir été condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés notamment pour
"atteinte à la sûreté de l'Etat".
La situation sécuritaire en Centrafrique, Etat enclavé d'Afrique centrale, s'est améliorée après la sanglante guerre civile des années 2010. Mais la région du Haut-Mbomou, frontalière du Soudan du Sud et de la RDC, demeure le théâtre d'affrontements entre l'armée et les paramilitaires russes de Wagner d'un côté et des milices locales de l'autre.
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