Budget de la France: une "contribution exceptionnelle" demandée aux grandes entreprises et aux ménages les plus aisés

Le gouvernement français a dévoilé jeudi son projet de budget pour 2025, sous forte pression pour trouver des économies en raison d'une dette "colossale" qui inquiète l'Union européenne, avec notamment des contributions "exceptionnelles" demandées aux ménages les plus aisés et aux grandes entreprises.
Le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier (droite) s'est fixé pour objectif de réduire le déficit de 60 milliards d'euros afin d'éviter que celui-ci ne dépasse les 6% du PIB, une dérive qui vaut à la France de faire l'objet d'une procédure de Bruxelles pour déficit excessif.
Cette mesure, qui concerne les entreprises réalisant un chiffre d'affaires d'au moins 1 milliard d'euros, doit rapporter 8 milliards d'euros en 2025 et 4 milliards en 2026.
Ce mécanisme concerne ceux qui sont déjà soumis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (soit un revenu de référence de 250.000 euros pour un célibataire et 500.000 euros pour un couple).
Préserver l'attractivité
Dans un pays qui en est le champion européen, la dépense publique continuera à augmenter, mais moins fortement. Quelque 2.200 postes de fonctionnaires seront supprimés, notamment dans l'éducation nationale. Et le budget du ministère de la Justice s'établira à 10,24 milliards d'euros, soit près de 500 millions d'euros de moins que ce qui était prévu.
La marge de manœuvre de Michel Barnier est toutefois étroite en l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. En outre, plusieurs ministres et députés ont fait part cette semaine de leur préoccupation quant aux efforts attendus.
Paris se sait attendu par ses voisins européens, et a dépêché lundi son ministre de l'Economie Antoine Armand à Luxembourg pour tenter de convaincre ses homologues de l'UE de son sérieux budgétaire.
Risque de déstabilisation
Les législatives anticipées convoquées par le président Emmanuel Macron après l'échec cuisant de son parti aux élections européennes en juin ont débouché sur un hémicycle fragmenté en trois blocs.
Dans ce contexte, nul n'imagine que le gouvernement pourra s'exonérer de faire usage de l'article 49.3 de la constitution, qui permet de faire adopter un texte sans vote.
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