Arabie saoudite: Mohammed bin Salman condamne les frappes israéliennes sur la Syrie

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman s’est entretenu jeudi par téléphone avec le président syrien Ahmad al-Charaa. Au cours de cet échange, il a fermement condamné les frappes aériennes israéliennes répétées contre le territoire syrien, qualifiées de violations flagrantes de la souveraineté nationale.
Selon l’agence de presse saoudienne SPA, le prince héritier a salué la gestion par le gouvernement syrien de la récente crise, notamment les mesures prises à Suwayda pour contenir les tensions. Il a exprimé son soutien à la stratégie d’Al-Charaa, en particulier la décision de confier aux chefs druzes locaux et aux factions communautaires la responsabilité du maintien de l’ordre dans la province méridionale.
Mohammed bin Salman a insisté sur l’importance d’éviter toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes et a renouvelé le rejet par Riyad de toute action susceptible de menacer la cohésion sociale ou la stabilité du pays. Il a également souligné que la communauté internationale devait intensifier son soutien au gouvernement syrien et faire obstacle à toute tentative d’intervention extérieure, quelle qu’en soit la justification.
Le président Al-Charaa, de son côté, a remercié le royaume saoudien pour son appui constant et a salué les efforts du prince héritier en faveur de la stabilité régionale. Il a affirmé que la récente décision de déléguer le contrôle sécuritaire à des figures locales visait à préserver l’unité nationale et à éviter que le pays ne replonge dans une guerre civile.
Les tensions avaient éclaté le 13 juin à Suwayda, où des affrontements entre tribus bédouines et groupes druzes ont dégénéré en combats meurtriers. Un cessez-le-feu avait brièvement été instauré entre les forces gouvernementales et les milices druzes, mais il s’est rapidement effondré, ouvrant la voie à l’intervention israélienne. Israël affirme agir pour protéger les communautés druzes, mais plusieurs leaders druzes syriens ont publiquement rejeté cette justification, réaffirmant leur attachement à l’unité de la Syrie.
Depuis la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël a intensifié ses frappes en Syrie, déclarant caduque la zone tampon ainsi que l’accord de désengagement signé avec Damas en 1974.
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