Allemagne : violences en marge des manifestations de la jeunesse
17:52, 01/11/2026, dimanche
AFP

RALF HIRSCHBERGER AFP
La police interpelle un manifestant lors d’un rassemblement de « GenZ regelt! », un mouvement inspiré des mobilisations européennes contre les élites politiques.Plusieurs responsables politiques ont condamné dimanche les violences survenues en marge des manifestations du collectif "GenZ regelt", tout en appelant à ne pas occulter les revendications des quelque 120 000 participants, selon des sources concordantes.
Débordements dans plusieurs villes
Des affrontements ont éclaté samedi soir à l'issue de manifestations organisées dans plusieurs villes allemandes par le collectif "GenZ regelt" ("la Génération Z s'en charge"). À Francfort, des émeutiers masqués ont saccagé des magasins et affronté les forces de l'ordre, qui ont fait usage de canons à eau face à des jeunes lançant des cocktails Molotov. Selon la police, plus de 30 personnes ont été interpellées dans cette ville de la région de Hesse.
Par ailleurs, les autorités ont également déployé des canons à eau à Hambourg et Cologne, où des policiers ont été visés par des feux d'artifice, des pierres et des bouteilles. À Berlin, les services de sécurité ont fait état de "nombreux délits" ayant conduit à 56 interpellations, tandis que 27 agents ont été légèrement blessés au cours des incidents.
Condamnations nuancées de la gauche
Face à ces débordements, la présidente du parti Die Linke (gauche radicale) Ines Schwerdtner a tenu à distinguer les casseurs des manifestants pacifiques. "Ni la crise du pouvoir d'achat, ni le démantèlement social, ni la volonté largement partagée de manifester pacifiquement ne disparaîtront parce que des petits groupes de personnes frustrées se sont livrés à des actes de vandalisme par la suite", a-t-elle déclaré au quotidien Rheinische Post.
De son côté, la cheffe de file des Verts Franziska Brantner a précisé dans le même média que ces violences "nuisent à la cause légitime des nombreuses personnes qui ont manifesté pacifiquement". Elle a néanmoins souligné la nécessité pour le gouvernement de répondre au message "on ne peut plus clair" adressé par la jeunesse descendue dans les rues pour dénoncer la misère des écoles, la hausse du coût de la vie, l'éventuelle réintroduction du service militaire et le réchauffement climatique.
Réactions des conservateurs et de l'extrême droite
Le ministre-président de la région de Hesse, Boris Rhein, a réagi dimanche sur le réseau X en qualifiant ces "excès de violences" de "totalement inacceptables". Selon la même source, le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a estimé auprès du tabloïd Bild que de tels débordements avaient pu "être évités". Il a accusé "des groupes de gauche enclins à la violence et des fauteurs de trouble issus du milieu des migrants" d'avoir "détourné les manifestations pacifiques de l'après-midi".
En outre, le responsable conservateur a appelé à "des sanctions sévères" à l'encontre des responsables. Toutefois, la coprésidente du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne) a également pointé sur X "l'extrémisme de gauche" et une "migration incontrôlée", reprenant ainsi les thèses récurrentes de sa formation sur l'insécurité.
Perspectives de mobilisation
Sur son site Internet, le collectif "GenZ regelt" a affirmé au lendemain des rassemblements que "ce n'était que le début". Les organisateurs ont ainsi appelé à une nouvelle mobilisation le samedi 14 novembre prochain, suggérant que le mouvement pourrait s'inscrire dans la durée malgré les tensions observées lors de la première journée d'action.



