Inde : fronde contre la Commission électorale et son président
11:53, 11/10/2026, dimanche
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Fronde contre la Commission électorale et son présidentL'opposition indienne et le mouvement des "Cafards" ont manifesté samedi à New Delhi pour dénoncer la révision des listes électorales et exiger la démission du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, selon des sources concordantes.
Manifestations et arrestations dans la capitale
Selon des sources concordantes, l'opposition indienne et le mouvement des
"Cafards"
(CJP) sont descendus dans les rues de New Delhi ce samedi pour contester la révision des listes électorales engagée par la Commission électorale. Les forces de l'ordre ont procédé à de très nombreuses arrestations pour empêcher le rassemblement, notamment celles des trois principaux dirigeants du mouvement, avant que leurs chefs ne soient remis en liberté dimanche matin, a indiqué leur avocate Ratna Singh. Cette fronde s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes avec le gouvernement du Premier ministre ultranationaliste hindou, Narendra Modi.La révision des listes électorales contestée
L'opposition dénonce une révision dite
"spéciale"
des listes engagée en 2025 par la commission, qui a permis de radier quelque 130 millions d'inscrits, selon les données des médias. Lancée officiellement pour supprimer les doublons, les décédés et les fraudeurs, la procédure est soupçonnée de viser en priorité les minorités, notamment les musulmans, pour le plus grand bénéfice du Bharatiya Jana Party (BJP) de Narendra Modi. Par ailleurs, le BJP dénonce depuis longtemps la présence sur les listes de migrants musulmans en situation irrégulière, notamment ceux venus du Bangladesh voisin.De plus, les critiques se sont intensifiées depuis septembre à la suite d'une enquête du quotidien Indian Express, qui a affirmé que M. Gyanesh Kumar, 62 ans, était passé outre les objections des deux autres membres de sa commission pour adopter certaines mesures controversées. Toutefois, l'institution, longtemps présentée comme la garante de la démocratie indienne, a rejeté toute irrégularité et répété que ses décisions étaient juridiquement valides et prises à l'unanimité.
Le mouvement des "Cafards"
Le Parti du peuple des cafards (CJP) est né au printemps dernier en ligne de l'indignation d'Abhijeet Dipke, un étudiant fraîchement diplômé de l'université de Boston. En réaction à des propos du président de la Cour suprême Surya Kant qualifiant les jeunes chômeurs de
"parasites"
et de "cafards",
M. Dipke a décidé de réunir la jeunesse dans un mouvement qui a rassemblé des centaines de milliers de soutiens sur les réseaux sociaux. En outre, le CJP s'est illustré en prenant la tête d'une révolte contre les fraudes aux examens universitaires, notamment celles ayant causé l'annulation en mai du concours national d'entrée en médecine, et a contraint en juillet à la démission le ministre de l'Éducation après une manifestation réprimée par la police.Réactions politiques et perspectives
Depuis plusieurs semaines, les
"Cafards"
bénéficient du soutien actif des adversaires du Premier ministre, dont les parlementaires ont multiplié dans les rues de Delhi les manifestations symboliques. Rahul Gandhi, chef de l'opposition au Parlement et membre du parti du Congrès, a appelé les protestataires à ne pas céder à la répression. "Nous n'avons pas peur. Nous ne reculerons pas",
a-t-il lancé sur la plateforme X. Un responsable des "Cafards",
Ajinkya Shinde, a pour sa part appelé ses partisans à se rassembler "pacifiquement"
dans l'après-midi dans la mégapole de Bombay.Pour rappel, cette crise est largement considérée comme une défaite pour Narendra Modi, contraint de céder pour la première fois à la rue depuis son arrivée au pouvoir en 2014, tandis que ses adversaires politiques dénoncent la dérive autoritaire de son gouvernement.
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