Inde : le chef du parti des "cafards" arrêté avant une manifestation
13:50, 10/10/2026, samedi
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Le chef du parti des "cafards" arrêté avant une manifestationLe fondateur du mouvement des "cafards", fer de lance de la révolte étudiante en Inde, a été interpellé samedi à New Delhi par les forces de l'ordre, à la veille d'un rassemblement non autorisé visant à exiger la démission du président de la Commission électorale, selon des sources concordantes.
Arrestation du fondateur du CJP
Abhijeet Dipke, fondateur du
"Parti du peuple des cafards"
(CJP), a été appréhendé samedi à son arrivée à New Delhi, a indiqué le mouvement sur les réseaux sociaux. "Abhijeet Dipke arrêté !",
a publié l'organisation, accompagnant son message d'images montrant le leader descendant d'un avion. Deux autres porte-parole du parti ont également été placés en garde à vue, a précisé la même source, tandis que les autorités policières n'ont pas immédiatement confirmé ces interpellations.Controverse sur les listes électorales
Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions croissantes autour d'une révision des listes électorales qui a conduit à la radiation de 130 millions d'inscrits, selon les médias indiens. Entamée l'an dernier, cette opération de
"nettoyage"
visait officiellement à éliminer les doublons, les décédés et les fraudeurs. Toutefois, les détracteurs de cette mesure l'accusent de viser prioritairement les minorités religieuses, notamment les musulmans, et les populations vulnérables, au bénéfice du Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi. La Commission électorale indienne (CEI) a démenti toute irrégularité dans cette procédure.Dispositif de sécurité exceptionnel
Par ailleurs, plus de 20 000 policiers ont été déployés dans le centre de New Delhi dès la veille du rassemblement, selon l'agence Press Trust of India (PTI). Les autorités ont coupé l'internet mobile et fermé de nombreuses stations de métro aux abords de Jantar Mantar, site traditionnel de la contestation dans la capitale, isolé par des barrières jaunes. Seule une poignée de manifestants a réussi à s'approcher du lieu samedi, ont constaté des journalistes sur place. Le CJP avait déjà affirmé jeudi que des
"milliers"
de jeunes avaient été arrêtés préventivement, accusant la police de Delhi d'agir comme la "milice privée du BJP",
selon un porte-parole.Dénonciations de l'opposition
"Pour sauver son traître d'ami (le président de la CEI Gyanesh Kumar, NDLR), le dictateur a déclaré la guerre à ses propres citoyens",
s'est indigné le parti des "cafards"
dans un communiqué, visant le chef du gouvernement. Arvind Kejriwal, ancien maire d'opposition de New Delhi, a renchéri sur les réseaux sociaux : "C'est officiel, nous vivons dans une dictature dirigée par Modi". "Gyanesh doit partir, mais Modi aussi",
a-t-il ajouté.Parmi les rares protestataires ayant atteint le site, Sanjeev Takshak, 42 ans, a déclaré à l'AFP :
"Je suis ici par sens du devoir envers la Nation". "La question n'est pas de savoir si Gyanesh Kumar a tort, mais de défendre le droit d'exprimer mon opinion",
a-t-il poursuivi, dénonçant le fait que "l'Etat étouffe toute une ville pour empêcher les gens de s'exprimer".
Saransh, un étudiant de 24 ans qui a préféré taire son patronyme, a également affirmé : "Je suis ici pour défendre la Constitution", s'interrogeant : "Pourquoi devrais-je demander la permission de protester pacifiquement dans la plus grande démocratie du monde ?"
Réponse du BJP et contexte récent
De son côté, le président du BJP, Nitin Nabin, a accusé les organisateurs du rassemblement de chercher à
"déstabiliser"
l'Inde. "Cette concurrence entre anarchistes pour créer l'instabilité dans le pays ne réussira pas",
a-t-il affirmé samedi devant la presse locale. Outre le CJP, le parti du Congrès a multiplié cette semaine des actions symboliques de protestation dans les rues de Delhi, qui ont valu à son chef Rahul Gandhi et à des dizaines d'élus de brèves gardes à vue. Pour rappel, le 20 juillet dernier, une manifestation de grande ampleur organisée par les "cafards"
contre des fraudes aux examens universitaires avait été violemment réprimée, faisant au moins 180 blessés selon les forces de l'ordre — dont les deux tiers des policiers — et "plusieurs centaines"
selon les manifestants, conduisant après cinq jours de mobilisation à la démission du ministre de l'Éducation, une première sous l'ère Modi.À lire également:

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