Erdogan appelle à la fin du droit de veto à l'ONU
12:36, 22/09/2026, mardi
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MURAT KULA Présidence turque
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan plaide pour la réforme de l'ONU.Dans une tribune publiée par Bloomberg, Recep Tayyip Erdoğan réclame l'abolition du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU. Le président turc propose un Conseil composé uniquement de membres élus, sous le contrôle d'une Assemblée générale renforcée. Il dénonce un système hérité de 1945, inadapté aux nouveaux équilibres mondiaux, et défend une meilleure représentation pour l'Afrique et l'Asie. La Türkiye dit soutenir cette réforme au nom d'une justice mondiale plus équitable.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a réclamé une refonte complète du Conseil de sécurité de l'ONU. Il l'a affirmé dans une tribune publiée par Bloomberg, intitulée
"La quête de justice mondiale dans un monde en mutation".
Selon lui, le système international actuel ne reflète plus les réalités du monde. Il propose notamment la suppression du droit de veto des membres permanents.
Erdogan dénonce un Conseil de sécurité hérité de 1945
Pour Recep Tayyip Erdoğan, les crises récentes ont révélé les failles du système onusien. Il cite les pandémies, les chocs énergétiques et les conflits régionaux.
Selon lui, ces crises ont montré les limites d'un ordre mondial confié à quelques capitales. En effet, le Conseil de sécurité reste organisé comme en 1945, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.
Le dirigeant turc appelle donc à un système
"plus efficace, plus juste et plus responsable"
. Il plaide aussi pour une participation élargie aux décisions mondiales."Le monde est plus grand que cinq"
Recep Tayyip Erdoğan reprend une formule qu'il défend depuis plusieurs années. Cette phrase vise la composition jugée non représentative du Conseil de sécurité.
Cinq pays disposent en effet d'un droit de veto permanent: les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine. Ainsi, ce petit groupe peut bloquer toute décision, même soutenue par la majorité des membres de l'ONU.
La suppression du droit de veto, priorité de la réform
Le président turc va plus loin qu'un simple constat. Il réclame une
"feuille de route concrète"
pour transformer le système."Il est essentiel de transformer le besoin de réforme en une feuille de route concrète. Au centre de cette feuille de route doit figurer l'abolition du privilège du veto"
, a-t-il déclaré.Cependant, Recep Tayyip Erdoğan écarte une solution parfois avancée: l'ajout de nouveaux membres permanents. Selon lui, cette option ne réglerait pas la concentration du pouvoir entre quelques pays.
La réforme doit plutôt reposer sur un principe simple. Aucun État ne doit pouvoir bloquer seul la volonté de la majorité de la communauté internationale.
Un Conseil de sécurité sans membres permanents
Le dirigeant turc propose un nouvel équilibre entre le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale de l'ONU. Il souhaite renforcer les pouvoirs de cette dernière.
Concrètement, il imagine un Conseil composé uniquement de membres élus. Ces représentants siégeraient pour des mandats déterminés, sans droit de veto.
Une confiance à regagner par élection
Dans ce modèle, chaque pays devrait regagner la confiance de la majorité de l'Assemblée générale. Cette confiance s'obtiendrait par une élection, à chaque renouvellement de mandat.
"La représentativité du Conseil de sécurité et sa responsabilité devant l'Assemblée générale doivent être renforcées"
, a précisé Recep Tayyip Erdoğan.Un ordre mondial jugé dépassé par les nouvelles puissances
Le président turc estime que l'ordre international ne peut plus reposer sur les hiérarchies du passé. Il rappelle que rien n'est permanent en géopolitique.
"Les évolutions des vingt-cinq dernières années [...] ont montré qu'aucun équilibre des pouvoirs et aucun ordre international ne sont permanents"
, a-t-il affirmé.Par ailleurs, de nouveaux centres de pouvoir sont apparus. L'économie, la sécurité, la technologie et la diplomatie évoluent plus vite que les institutions internationales.
L'Asie gagne du poids économique. De son côté, l'Afrique réclame une représentation à la hauteur de son potentiel.
Erdogan pointe les inégalités de la mondialisation
Recep Tayyip Erdoğan élargit ensuite son propos à l'économie mondiale. Selon lui, la mondialisation n'a pas tenu ses promesses de prospérité partagée.
Les écarts de revenus se sont creusés entre pays. De plus, les dépendances technologiques sont devenues un nouveau terrain de rivalité.
"Pour que la justice mondiale puisse être réalisée dans ce contexte en mutation, les responsabilités doivent être équitablement partagées"
, a-t-il déclaré.Il réclame également un accès garanti au financement pour les pays émergents. Ce droit au développement figure au cœur de son plaidoyer.
La Türkiye se positionne en soutien de la réforme
Le président turc affirme que la Türkiye continuera de s'appuyer sur son expérience diplomatique. Il évoque ses relations internationales étendues.
"Nous soutenons les efforts visant à abolir le privilège du veto, à accorder davantage de poids aux membres élus dans les processus décisionnels et à renforcer le rôle de l'Assemblée générale"
, a-t-il déclaré.Enfin, il met en garde contre la fragmentation du monde en blocs isolés.
"Une paix durable dans le monde actuel ne peut être obtenue en multipliant les blocs déconnectés les uns des autres et qui ne dialoguent pas entre eux"
, a-t-il affirmé.Ce qu'il faut retenir
Recep Tayyip Erdoğan réclame la fin du droit de veto à l'ONU
. Il vise les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.Sa proposition transfère le pouvoir vers une Assemblée générale renforcée. Les sièges du Conseil deviendraient électifs, sans exception permanente.
Cette tribune s'inscrit dans un plaidoyer plus large. Le président turc y défend une redistribution du pouvoir mondial, favorable aux pays émergents et à l'Afrique.
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