France : nouvelles manifestations avant la conférence sociale
11:49, 07/11/2026, samedi
AFP

GEOFFROY VAN DER HASSELTAFP
Des manifestants, parmi lesquels des élèves de l'École polytechnique en uniforme, se rassemblent place de la République avant le début d'une manifestation organisée dans le cadre d'une journée nationale d'actions, alors que les syndicats mènent des grèves parallèlement aux manifestations menées par les lycéens qui secouent le pays depuis des semaines, à Paris, le 5 novembre 2026.De nouvelles manifestations sont prévues samedi en France pour le quatrième week-end consécutif de mobilisation sociale, tandis que le ministre Sébastien Lecornu doit recevoir syndicats et patronat lundi lors d'une conférence sociale, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
Selon des sources concordantes, une nouvelle journée de manifestations est prévue samedi sur l'ensemble du territoire français, marquant ainsi le quatrième week-end consécutif de mobilisation sociale. Cette nouvelle mobilisation intervient deux jours après une journée d'action nationale de grande ampleur ayant rassemblé entre 575 000 personnes, selon les chiffres des autorités, et 1,6 million, selon le syndicat CGT, pour réclamer une hausse significative du pouvoir d'achat.
La conférence sociale de lundi
Le ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social particulièrement tendu, a adressé vendredi un courrier aux partenaires sociaux dans lequel il affirme
"(entendre) les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d'achat"
ainsi que les "inquiétudes"
des employeurs. Cette conférence sociale, prévue lundi matin, permettra de présenter les réponses concrètes du gouvernement aux attentes des Français, a-t-il précisé. Par ailleurs, des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes sont également programmées dans l'après-midi de lundi.Les gilets jaunes appellent à la désobéissance civile
Toutefois, la coordination des gilets jaunes a choisi de faire cavalier seul, marquant clairement ses distances avec les syndicats traditionnels. Elle appelle à un rassemblement distinct et non autorisé place de la Concorde, au cœur de la capitale.
"Nous irons à Concorde à 14H00 et nous y resterons jusqu'à 19H00"
, a déclaré vendredi à la presse Benjamin Ball, membre de leur coordination, à la sortie de la préfecture de police de Paris. "Nous appelons à désobéir massivement"
, a-t-il prévenu.Le choix de cette place stratégique n'est pas le fruit du hasard, a expliqué leur avocat David Libeskind. La Concorde constitue un lieu emblématique situé à proximité immédiate de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir par excellence, puisque les revendications portées par le mouvement sont de nature politique. De plus, les gilets jaunes prévoient au total quelque 120 actions samedi sur l'ensemble du territoire, un chiffre bien inférieur aux 1 700 actions revendiquées le 17 octobre dernier.
Un dispositif de sécurité massive déployé
Les autorités entendent à tout prix éviter la répétition des scènes d'émeutes et de pillages survenues le 17 octobre, premier samedi de manifestations. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé le renouvellement du dispositif de sécurité massif, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire français.
"Le risque est exactement le même que pour les samedis précédents"
, a-t-il souligné, appelant les préfets à "ne pas baisser la garde face à des phénomènes plus éclatés voire sporadiques dont le niveau de violence ne baissera pas en intensité".
En outre, des arrêtés d'interdiction de manifestation dans les centres-villes ont été pris par les préfets afin de protéger systématiquement les centres commerciaux. À Rennes, dans l'ouest du pays, la préfecture a notamment estimé que les conditions n'étaient pas réunies pour autoriser des rassemblements en centre-ville, notamment en raison des graves violences survenues jeudi dans la ville bretonne.
Les syndicats maintiennent la pression
L'intersyndicale rassemblant les huit principaux syndicats nationaux a indiqué qu'elle prendrait position dès lundi soir suite aux annonces gouvernementales lors de la conférence sociale.
"La seule chose qui arrêtera la mobilisation c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités"
, ont écrit ces organisations vendredi dans un communiqué commun.Par ailleurs, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat français de par ses effectifs, a estimé que l'ampleur de la manifestation de jeudi
"doit inciter le gouvernement à comprendre qu'il ne peut pas attendre la présidentielle".
Elle réclame notamment une hausse de 100 euros net mensuel du Smic, le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Le gouvernement laisse entendre depuis plusieurs jours qu'il est ouvert à une mesure sur le Smic, mais son ampleur restera inférieure aux exigences des organisations syndicales.A lire également :

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