Après l’essor de l’intelligence artificielle, les entreprises françaises et européennes sont invitées à se positionner dès maintenant pour ne pas manquer cette transformation.
Ce domaine repose sur l’intrication quantique, un phénomène où deux particules restent liées, même à distance, permettant une transmission d’informations par "téléportation"
quantique. Cette technologie pourrait décupler les capacités de calcul et offrir des performances inégalées. Un potentiel immense mais encore limité
"L’ordinateur quantique idéal n’existe pas encore"
, a rappelé Alain Aspect, prix Nobel de physique 2022, lors de la 12e Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) consacrée au numérique. Cependant, ce dernier espère voir cette technologie émerger "de son vivant".
La France bénéficie d’un écosystème favorable, avec une formation d’excellence et un historique marqué par cinq prix Nobel de physique en lien avec la physique quantique depuis 1929. Toutefois, les défis techniques restent importants, notamment la stabilité des qubits, sensibles aux interférences extérieures.
IBM en tête, les entreprises françaises en ordre de marche
Le groupe américain IBM est l’un des leaders du secteur et affirme avoir installé plus de systèmes quantiques pour ses partenaires et clients que tous ses concurrents réunis. Parmi ses clients figurent E.ON (énergie), Mitsubishi (automobile), Moderna (santé), Capgemini (informatique) et le Crédit Mutuel (finance).
Mais pour l’instant, "ce n’est pas un business rentable"
, souligne Pierre Jaeger, directeur technique chez IBM Quantum. Il précise que l’essentiel des investissements reste orienté vers la recherche et développement. Côté français, plusieurs start-ups se positionnent sur le quantique:
Quandela, qui propose déjà une formation sur simulateur quantique.
Théau Peronnin, directeur général d’Alice&Bob, insiste sur l'importance d’anticiper: "Les premiers à se lancer auront un avantage énorme, capable de rebattre les cartes de secteurs industriels entiers"
. Les entreprises appelées à investir dès maintenant
Pour Fanny Bouton, directrice du quantique chez OVHcloud, il est impératif que les entreprises commencent à se familiariser avec le quantique via les simulateurs: "On ne monte pas dans une Formule 1 sans avoir d’abord conduit un kart"
. Elle préconise que toute entreprise générant un milliard d’euros de chiffre d’affaires investisse au moins un million d’euros dans le quantique pour ne pas rater le virage.
Selon Loïc Le Loarer, coordinateur de la stratégie nationale quantique au Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), la France et l’Europe ont mis en place les conditions nécessaires à l’essor du secteur. Il serait donc regrettable que les industriels ne saisissent pas cette opportunité.
Un enjeu stratégique pour l’Europe
Le président du Medef, Patrick Martin, insiste sur l’importance d’une adoption proactive du quantique par les entreprises françaises: "Le tri se fera entre ceux qui auront été proactifs et ceux qui, par crainte ou indifférence, auront laissé passer ces opportunités".
Dans cette optique, le Medef et l’Institut Polytechnique de Paris envisagent une convention-cadre sur le quantique afin d’accélérer la transition.
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