18:01, 11/08/2026, mardi
Hunter Biden qualifie Netanyahu d'"incarnation du mal" face à Tucker Carlson
Hunter Biden a qualifié Benjamin Netanyahu d'incarnation du mal lors d'un entretien avec Tucker Carlson. Le fils de l'ancien président américain estime que l'accusation d'antisémitisme sert à faire taire toute critique du dirigeant israélien. Les deux hommes ont aussi mis en cause des figures liées à Netanyahu dans la diffusion du dossier de l'ordinateur portable en 2020. Cet échange illustre une fracture croissante à Washington sur la relation avec Israël.
Hunter Biden, fils de l'ancien président américain Joe Biden, a franchi une ligne rarement franchie à Washington. Il a décrit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme
"l'incarnation même du mal"
. Ces propos ont été tenus lundi 10 août 2026, lors d'un entretien diffusé sur The Tucker Carlson Show.L'entretien a immédiatement provoqué une onde de choc dans la classe politique américaine. En effet, ces mots viennent d'un membre de la famille qui a dirigé les États-Unis entre 2021 et 2025.
Ce qu'a dit Hunter Biden sur Netanyahu
Face à Tucker Carlson, commentateur conservateur et animateur de podcast très suivi, Hunter Biden n'a pas cherché la nuance diplomatique.
"Si dire que Netanyahu est l'incarnation du mal est antisémite, je ne sais pas quoi dire aux gens"
, a-t-il déclaré. Puis il a ajouté: "Il suffit simplement d'ouvrir les yeux et d'ouvrir son cœur."
Par ailleurs, il a défendu son interlocuteur contre les accusations d'antisémitisme qui le visent régulièrement.
"Je sais à 100 % que tu n'es pas antisémite"
, a-t-il lancé à Carlson.Selon lui, cette accusation fonctionne désormais comme un outil de censure. Elle servirait à interdire tout débat sur la politique du gouvernement israélien.
Une critique qui vient du camp démocrate
Le poids de ces déclarations tient à leur origine. Jusqu'ici, les critiques les plus dures de Netanyahu venaient de la gauche progressiste ou de milieux militants.
Cette fois, elles émanent du fils d'un président démocrate historiquement présenté comme un allié indéfectible d'Israël. C'est pourquoi l'entretien a été largement repris par la presse américaine et internationale.
De plus, Hunter Biden s'est dit satisfait de voir certains conservateurs
"se réveiller"
sur la question. Il a notamment cité le représentant républicain Thomas Massie et l'ancienne élue Marjorie Taylor Greene. Ces deux figures ont rompu avec la ligne de leur parti sur la politique étrangère.L'affaire de l'ordinateur portable relancée
L'entretien a également rouvert le dossier de l'ordinateur portable de Hunter Biden. Ce dossier avait surgi en octobre 2020, quelques semaines avant l'élection présidentielle.
Hunter Biden affirme que plusieurs groupes ont participé à l'obtention puis à la diffusion de ses données personnelles. Il évoque des acteurs russo-ukrainiens, des Américains, mais aussi ce qu'il nomme un "centre d'opérations Netanyahu, le côté israélien".
Tucker Carlson est allé plus loin encore. Il a raconté qu'une personne
"liée à Netanyahu"
avait approché un producteur de son ancienne émission sur Fox News.Cette personne aurait affirmé que l'ordinateur contenait des images d'abus sur mineurs.
"Cela venait des Israéliens"
, a déclaré Carlson, avant d'ajouter: "Ils étaient derrière ça."
Une allégation qui reste non démontrée
Aucune preuve n'a jamais établi la présence de telles images sur cet ordinateur. Ces affirmations relèvent des théories complotistes qui ont circulé en ligne après 2020.
Par ailleurs, les accusations de Carlson concernant l'implication de figures israéliennes n'ont pas été corroborées de manière indépendante à ce jour. Nouvelle Aube les rapporte donc comme des déclarations, et non comme des faits établis.
En revanche, une partie des courriels contenus dans les copies du disque a bien été authentifiée par des experts indépendants. Le reste du matériel a nourri de nombreuses allégations invérifiables contre la famille Biden.
Un revirement spectaculaire entre deux adversaires
L'image de ces deux hommes assis face à face a surpris les observateurs. Pendant des années, Tucker Carlson a consacré de nombreuses émissions à attaquer Hunter Biden.
Il visait sa vie privée et sa longue addiction à la drogue et à l'alcool. Lundi, il a exprimé des regrets. Lorsque Hunter Biden lui a rappelé en plaisantant
"les choses que tu as dites sur moi"
, Carlson a répondu: "Un profond regret."
Cependant, leur rapprochement ne relève pas du seul registre personnel. Il repose sur une convergence politique nette autour de la relation entre Washington et Tel-Aviv.
Ainsi, Hunter Biden a rejoint Carlson dans sa critique du traitement médiatique du conflit avec l'Iran par Fox News. Les deux hommes dénoncent une même mécanique : la peur de critiquer Israël paralyserait le débat public américain.
Le contexte: une opinion américaine qui bascule
Ce type de déclaration aurait été impensable à Washington il y a cinq ans. Aujourd'hui, il traduit un basculement mesurable de l'opinion américaine.
La guerre menée contre Gaza a profondément modifié le regard du public. En effet, les images de destruction, la famine organisée et le nombre de journalistes tués ont marqué durablement les consciences.
De plus, la répression accélérée en Palestine occupée (Cisjordanie) alimente ce rejet. La colonisation s'y poursuit, tandis que les violences de colons se multiplient contre les habitants palestiniens.
C'est pourquoi la fracture ne suit plus la ligne classique entre démocrates et républicains. Elle oppose désormais un établissement pro-israélien à une base transpartisane qui réclame un réexamen de l'alliance.
Trump également visé
Hunter Biden n'a pas épargné Donald Trump durant l'entretien. Il l'a décrit comme l'une des figures politiques les plus déterminantes de l'histoire américaine récente, mais "pour le pire".
"Je crois que Trump est au cœur des raisons pour lesquelles cette maladie est passée d'une épidémie locale à une pandémie aux États-Unis"
, a-t-il affirmé.Il faisait ainsi référence à la polarisation politique du pays. Selon lui, le président actuel a transformé une division ordinaire en crise structurelle.
Ce que cet entretien révèle
Cet épisode dépasse la simple séquence médiatique. Il montre que le coût politique d'une critique frontale de Netanyahu diminue aux États-Unis.
Deux personnalités que tout opposait partagent désormais le même constat. Toutes deux estiment que l'accusation d'antisémitisme sert d'arme pour clore le débat.
Pour les défenseurs de la cause palestinienne, ce déplacement du curseur constitue un signal important. Il ne change rien à la situation sur le terrain. Cependant, il élargit l'espace du dire aux États-Unis, là où le silence prévalait.
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