16:10, 18/08/2026, mardi
Trump ordonne à une journaliste de CNN de se taire
Donald Trump a ordonné à une journaliste de CNN, Kristen Holmes, de se taire, lundi 17 août 2026, dans le Bureau ovale. La correspondante l'interrogeait sur la Corée du Sud, la Corée du Nord et l'Iran. Le président l'a jugée irrespectueuse devant un jeune sauveteur invité. CNN a défendu sa journaliste et dénoncé une atteinte à la liberté de la presse. La polémique a éclipsé des questions de politique étrangère majeures.
Donald Trump
s'en est violemment pris à une journaliste de CNN
, lundi 17 août 2026. Le président américain lui a ordonné à plusieurs reprises de se taire. La scène s'est déroulée dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche.L'échange visait Kristen Holmes, correspondante en chef de la chaîne. En effet, elle interrogeait le président sur la Corée du Sud et sur ses contacts avec la Corée du Nord. Trump l'a alors qualifiée d'irrespectueuse, devant un adolescent invité pour un acte héroïque.
Cette passe d'armes relance un vieux conflit. Par ailleurs, elle éclipse des sujets bien plus lourds : l'Iran, la Corée et la sécurité régionale.
L'événement devait honorer un jeune sauveteur. Ryder Williams, 16 ans, garde-plage des parcs de Californie, était l'invité du jour. Il avait sauvé Nathaniel Rai, 10 ans, happé par de fortes vagues à Santa Cruz le mois précédent.
Le garçon secouru assistait lui aussi à la rencontre. Trump les a présentés devant les caméras. Cependant, la cérémonie a vite dérapé.
Kristen Holmes a posé une question de politique étrangère. Elle voulait savoir si le président avait parlé avec Kim Jong-un. De plus, elle l'interrogeait sur la réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud.
Trump venait justement d'annoncer cette décision. Dimanche, sur Truth Social, il avait ordonné à l'armée de réduire ces manœuvres conjointes. Il citait sa
"très bonne relation"
avec le dirigeant nord-coréen."Silence": les mots lancés à la journaliste de CNN
La réponse du président a été cinglante.
"Silence, silence. Vous êtes très irrespectueuse devant ce jeune homme"
, a-t-il lâché. Il a répété l'ordre à plusieurs reprises.Trump a ensuite désigné l'enfant de 10 ans.
"Vous ne la trouvez pas irrespectueuse ?"
, a-t-il demandé au garçon. Puis il a traité la correspondante de personne "bruyante"
et "tapageuse".
Il a aussi renué avec son expression favorite. Selon lui, la journaliste faisait de la
"fausse information"
. La formule vise CNN depuis des années.Kristen Holmes, une correspondante chevronnée
Kristen Holmes n'est pas une inconnue. Elle couvre la Maison Blanche pour CNN comme correspondante en chef. Son travail fait référence dans la presse américaine.
Ce jour-là, elle faisait simplement son métier. Sa question portait sur un virage diplomatique réel et documenté. En revanche, le président a préféré viser la messagère plutôt que le message.
La Maison Blanche attaque, CNN riposte
L'attaque ne s'est pas arrêtée au Bureau ovale. Le compte "Rapid Response 47" de la Maison Blanche a prolongé l'offensive sur X. Il a qualifié la journaliste d'
"embarras humiliant"
pour sa profession.Le message allait plus loin encore. Il accusait Holmes de gâcher l'hommage rendu au jeune sauveteur. Ainsi, l'exécutif transformait une question politique en faute morale.
CNN a répliqué avec fermeté. La chaîne a défendu
"l'une des journalistes les plus respectées"
de la Maison Blanche. Elle a ensuite rappelé un principe simple."Les responsables publics peuvent contester une information. Mais les attaques personnelles contre des journalistes qui posent des questions sont indignes de la fonction"
, a écrit CNN. La chaîne a dit soutenir sa correspondante "avec la plus grande fermeté".
Corée du Sud et Iran: le fond effacé par la dispute
Derrière le vacarme, les vraies questions demeurent. Elles concernent la Corée du Sud, la Corée du Nord et surtout l'Iran.
Trump a confirmé un rapprochement avec Kim Jong-un.
"Kim Jong-un m'a toujours traité avec un grand respect"
, a-t-il affirmé. Il a présenté la réduction des exercices avec Séoul comme un gage de sécurité.Le président a aussi critiqué la Corée du Sud. Il lui reproche de ne pas l'aider dans la guerre contre l'Iran. Cette guerre, menée aux côtés d'Israël, ne connaît toujours pas de fin.
Kristen Holmes a pointé ce lien après l'incident. Selon elle, un geste envers une Corée du Nord nucléarisée envoie un signal à Téhéran. C'est pourquoi sa question dépassait la simple polémique.
Le sujet touche directement la région. Récemment, des responsables américains ont dû quitter en urgence l'avion présidentiel offert par le Qatar. Ils ont rejoint un appareil militaire plus petit en Türkiye, à cause d'une menace iranienne.
Un mode opératoire contre les femmes journalistes
Cet épisode n'a rien d'isolé. Trump multiplie les attaques contre des femmes reporters. Plusieurs chaînes et journaux en ont déjà fait les frais.
En décembre, la presse américaine avait recensé une série d'incidents similaires. Ils visaient des journalistes de CNN, d'ABC, de CBS, de Bloomberg et du New York Times. À l'une d'elles, il avait lancé
"Silence, petite truie"
au sujet des dossiers Epstein.Le procédé se répète donc. D'abord une question gênante. Ensuite une humiliation publique. Enfin une attaque relayée par les réseaux de la Maison Blanche.
Ce qu'il faut retenir
Donald Trump a ordonné à une journaliste de CNN de se taire, le 17 août 2026. Il l'a jugée irrespectueuse devant un adolescent venu recevoir un hommage.
CNN a défendu sa correspondante sans réserve. La chaîne y voit une atteinte à la liberté de la presse.
Reste le vrai sujet, une fois de plus escamoté. La Corée du Nord, la Corée du Sud et la guerre contre l'Iran attendent encore des réponses claires. En attendant, la dispute avec la journaliste aura occupé tout l'espace.
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