Depuis deux jours, le Kremlin maintient le flou sur la composition de la délégation russe - et une possible présence du président russe - lors de ces pourparlers qui constitueraient les premières discussions directes entre Kiev et Moscou depuis le printemps 2022, au début de l'invasion russe de l'Ukraine.
"Je pense que si Vladimir Poutine refuse de se rendre en Türkiye, ce sera le signal ultime que la Russie ne veut pas mettre fin à cette guerre, qu'elle n'est pas disposée à négocier"
, a déclaré Andriï Iermak, le bras droit de M. Zelensky, dans un communiqué de la présidence ukrainienne."Si la Russie refuse de négocier, les États-Unis et le monde entier doivent réagir fermement : nouvelles sanctions contre la Russie et renforcement de l'aide militaire à l'Ukraine"
, a-t-il également affirmé.Les alliés européens de Kiev avaient enjoint Vladimir Poutine à accepter un cessez-le-feu de 30 jours à partir du 12 mai. Le président russe s'est, tout en ignorant cet appel, s'est ensuite déclaré prêt samedi à des discussions "directes"
entre Russes et Ukrainiens le 15 mai à Istanbul. Volodymyr Zelensky a répondu en proposant de rencontrer M. Poutine "en personne"
dans cette même ville. Mais le Kremlin, pour le deuxième jour consécutif, s'est refusé à tout commentaire sur cette invitation du président ukrainien.
"La partie russe continue de se préparer aux négociations qui doivent avoir lieu jeudi. C'est tout ce que nous pouvons dire. Pour l'heure, nous ne prévoyons pas de commenter davantage",
a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.Interrogé sur la composition de l'équipe de négociation russe, M. Peskov a également botté en touche : "Dès que le président le jugera nécessaire, nous l'annoncerons".
"Lourdes sanctions"
Le président Donald Trump, en déplacement au Moyen-Orient mardi, a exhorté lundi les deux dirigeants à participer aux négociations et a expliqué qu'il "envisageait"
de se rendre aussi en Türkiye pour ces éventuelles discussions russo-ukrainiennes. De tels pourparlers directs seraient inédits depuis les premiers mois de l'invasion russe 2022, quand des discussions entre négociateurs russes et ukrainiens avaient échoué à mettre fin à cette guerre meurtrière.
Vladimir Poutine avait proposé ces négociations dans une déclaration intervenue tard dans la nuit de samedi à dimanche en première réponse à l'ultimatum posé par les partenaires de l'Ukraine.
En visite à Kiev samedi, les dirigeants français, britannique, allemand et polonais ont menacé le chef du Kremlin de "lourdes sanctions"
en cas de refus d'un cessez-le-feu total et inconditionnel de 30 jours à compter de lundi. Une initiative soutenue par Washington, dans un rare alignement sur le dossier ukrainien.
Moscou a rejeté lundi comme un "ultimatum"
cet appel à un cessez-le-feu. "Le langage des ultimatums est inacceptable pour la Russie, il ne convient pas. On ne peut pas parler ainsi à la Russie"
, avait taclé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Samedi, Vladimir Poutine n'avait "pas exclu"
que l'idée d'un cessez-le-feu soit discutée lors des pourparlers d'Istanbul, mais il avait souligné que ces derniers devaient, selon lui, d'abord porter sur "les causes profondes du conflit".
Ces "causes profondes"
renvoient aux griefs présumés de Moscou à l'égard de Kiev et de l'Occident, que la Russie a invoqués pour justifier son invasion. Il s'agit notamment de l'objectif du Kremlin de démilitariser l'Ukraine, d'y protéger les "russophones"
et de s'opposer à une adhésion de Kiev à l'OTAN, que Moscou présente comme une menace existentielle pour sa sécurité. L'Ukraine et ses alliés européens rejettent ces revendications, en affirmant que l'armée russe, qui occupe toujours 20% du territoire ukrainien, mène un conflit de type impérialiste dans cette ex-république soviétique.
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