Tchad : appel à la CPI pour juger tous les crimes internationaux
12:10, 07/07/2026, mardi
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Le ministre d'État tchadien des Affaires étrangères, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul.Le Tchad a exhorté la Cour pénale internationale (CPI) à traduire en justice tous les auteurs de crimes internationaux sans distinction, au nom du principe d'équité, lors d'un entretien entre le ministre des Affaires étrangères et la procureure adjointe de la CPI.
Un appel à l'universalité de la justice
Selon l'Agence tchadienne de presse et d'édition, le ministre d'État tchadien chargé des Affaires étrangères, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, a accordé lundi une audience à la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, en visite officielle à N'Djamena.
Au cours de cet entretien, le chef de la diplomatie tchadienne a réaffirmé
"l'engagement du Tchad à honorer ses obligations internationales et à poursuivre sa coopération avec la Cour pénale internationale".
Par ailleurs, il a souligné la nécessité d'une application égale des principes juridiques.L'exigence d'équité
Selon la même source, Dr Fadoul a
"estimé que la CPI ne devrait pas être perçue comme une juridiction intervenant principalement sur les dossiers africains, appelant à ce que tous les auteurs de crimes internationaux, quelle que soit leur nationalité ou leur origine, soient poursuivis et jugés selon les mêmes principes de justice et d'équité"
. Cette déclaration met en lumière les tensions persistantes concernant la distribution géographique des affaires traitées par la Cour.
La réponse de l'institution
De son côté, la procureure adjointe Nazhat Shameem Khan a indiqué que son institution avait déjà traité des dossiers concernant des pays situés en dehors du continent africain, évoquant notamment des cas en Asie.
Elle a ainsi cherché à démontrer que la portée de la juridiction s'étendait au-delà des frontières du continent, tout en reconnaissant implicitement le poids des critiques formulées.
Contexte de crispations africaines
Toutefois, le Tchad s'inscrit dans un contexte de défiance croissante à l'égard de la CPI sur le continent. Réunis au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officialisé leur retrait de cette juridiction internationale, l'accusant de s'être
"progressivement éloignée de ses idéaux fondateurs pour devenir un instrument sélectif et politisé"
. Ces départs illustrent les fractures profondes entre certaines capitales africaines et les mécanismes de justice internationale.Le dossier du Darfour abordé
En outre, les discussions ont porté sur les défis sécuritaires et humanitaires engendrés par le conflit au Soudan, notamment dans la région du Darfour.
Depuis 2003, la CPI a pris en charge le dossier sur les graves violations des droits de l'homme commises dans le cadre de ce conflit, ce qui constitue l'un des dossiers les plus emblématiques de la Cour sur le continent.
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