10:40, 06/10/2026, mardi
Ségolène Royal sur l'Algérie: "Et la France ?"
Invitée de France Inter, Ségolène Royal a refusé de qualifier l'Algérie de dictature. Face à Benjamin Duhamel, elle a répondu "Et la France ?", jugeant que le peuple algérien doit se définir lui-même. Elle a cité les mineurs menottés lors des mobilisations lycéennes et la "barbarie" dans les rues de Paris. Elle plaide aussi pour rétablir les relations diplomatiques avec Alger, notamment pour accéder au gaz algérien.
Ségolène Royal a retourné la question vers Paris. Invitée de France Inter lundi, elle répondait à Benjamin Duhamel. Le journaliste lui demandait si l'Algérie était un régime autoritaire, voire une dictature.
"Et la France ? C'est quoi la France ?"
, a-t-elle rétorqué. Pour elle, c'est au peuple algérien de se définir. Par ailleurs, elle a plaidé pour rétablir les relations diplomatiques avec Alger.Cette séquence a vite circulé. En effet, elle touche un point sensible du débat français: le regard que Paris porte sur l'Algérie, et sur lui-même.
Ségolène Royal et l'Algérie: la question posée sur France Inter
Benjamin Duhamel a posé une question directe. Il voulait savoir si l'Algérie relevait de l'autoritarisme ou de la dictature. Ségolène Royal a refusé ce cadre.
Elle a estimé que le peuple algérien devait se définir lui-même. Autrement dit, elle a écarté tout jugement depuis Paris. Cette réponse a surpris, car elle déplace le débat.
La candidate à la primaire socialiste a ensuite changé d'angle. Plutôt que de qualifier Alger, elle a interrogé la situation française. C'est pourquoi sa réponse a pris la forme d'une contre-question.
"Et la France ?": Royal renvoie l'accusation à Paris
Ségolène Royal a cité des scènes récentes. Elle a évoqué des mineurs de 14 ans menottés lors des mobilisations lycéennes. Elle a aussi parlé des affrontements avec les forces de l'ordre.
"Ce n'est pas un régime autoritaire ?"
, a-t-elle lancé. Elle a employé le mot "barbarie"
pour décrire les rues de Paris. De plus, elle a imaginé la réaction d'Alger si elle disait: "regardez ce qui se passe en France".
Le raisonnement est simple. Si Paris peut juger Alger, Alger peut juger Paris. Ainsi, chaque État devrait accepter le regard qu'il impose aux autres.
Cet argument n'efface aucun débat sur l'Algérie. Cependant, il rappelle une règle de base: on ne donne pas de leçons sans accepter d'en recevoir. Sur ce point, la remarque porte.
Les scènes qu'elle décrit viennent de ses déclarations. Elles se rapportent aux récentes mobilisations de lycéens. Leur ampleur exacte reste à documenter auprès des témoins et des autorités.
Un plaidoyer pour rétablir les relations diplomatiques
Ségolène Royal a défendu la reprise du dialogue. Elle veut rétablir les relations diplomatiques avec l'Algérie. Son argument est très concret:
"pour pouvoir avoir du gaz algérien".
La formule est franche. Elle place l'intérêt énergétique au premier plan. En revanche, elle laisse peu de place à la mémoire coloniale, un thème qu'elle défend pourtant ailleurs.
L'Algérie fournit déjà du gaz à plusieurs pays européens. Cependant, la brouille avec Paris complique les échanges directs. C'est pourquoi l'argument énergétique parle à beaucoup de Français.
Il peut aussi susciter des critiques. Certains y verront un calcul purement économique. D'autres y verront du réalisme face à des factures qui pèsent sur les ménages.
Une crise franco-algérienne qui dure depuis juillet 2024
Les deux pays traversent une crise ouverte. Selon TSA, elle dure depuis juillet 2024. La presse algérienne l'associe notamment au dossier du Sahara occidental.
Ségolène Royal préside l'Association France-Algérie. Elle s'est rendue à Alger fin janvier 2026, d'après TSA. Le président Abdelmadjid Tebboune l'a reçue. Elle y a réclamé en premier lieu la restitution des biens culturels et des archives.
Cette visite a divisé en France. Sud Radio l'a jugée trop complaisante. Selon Echorouk, des figures d'extrême droite l'ont aussi accusée de soumission envers Alger. Royal a répliqué par l'ironie, en citant la visite du pape en Algérie.
Pourquoi cette sortie parle aussi de Gaza et de la Palestine
Le réflexe qu'elle dénonce dépasse l'Algérie. Les capitales occidentales distribuent volontiers des brevets de démocratie. En revanche, elles se montrent bien plus discrètes quand un allié est en cause.
À Gaza, ce décalage saute aux yeux. Plusieurs gouvernements qui invoquent le droit international ont tardé à nommer les destructions. Ils ont pourtant gardé leurs liens militaires et diplomatiques avec Israël.
En Palestine occupée (Cisjordanie), la colonisation progresse sous des regards souvent timides. Ainsi, la question
"Et la France ?"
vaut aussi pour la politique étrangère. Que dit Paris de ses propres pratiques ? Que dit-elle de ses alliés ?Un État crédible applique ses principes à tous. C'est cette cohérence qui manque le plus aujourd'hui. La réponse de Ségolène Royal a au moins le mérite de la réclamer.
A lire également:

International
France : Jordan Bardella sous le feu des critiques après de nouvelles révélations sur des messages antisémites présumés

International
Primaire à gauche : vif échange entre Royal et Glucksmann sur Gaza

International
Primaire française : divisions sur les alliances avec LFI
Titres : franceSégolène RoyalAlgérieFrance InterBenjamin Duhamelrelations France-Algérierégime autoritairegaz algérienprimaire socialistemobilisations lycéennesdiplomatiecrise franco-algériennerelations diplomatiquesassociation france-algériepolitique étrangèregazapalestineabdelmadjid tebbounedictaturealgerparissahara occidental










