France : Jordan Bardella sous le feu des critiques après de nouvelles révélations sur des messages antisémites présumés
17:32, 02/10/2026, vendredi
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Jean-Christophe VERHAEGENAFP
Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), parti d'extrême droite français, député européen et président du groupe "Les Patriotes pour l'Europe", s'exprime lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre d'une séance plénière au Parlement européen à Strasbourg, le 16 juin 2026.Le site Mediapart a publié de nouveaux éléments techniques jeudi et vendredi visant à authentifier des conversations de 2013 attribuées au président du Rassemblement national, provoquant une vague de réactions politiques.
Authentification technique des conversations
Selon les informations rapportées par le média d'investigation, l'une des personnes figurant dans les échanges de 2013 a sollicité auprès de Meta le téléchargement complet de la conversation Messenger concernée.
L'extraction des données a ensuite été certifiée par un huissier de justice, tandis que Mediapart affirme avoir obtenu ces éléments auprès de deux sources distinctes évoluant dans l'entourage de Jordan Bardella et n'entretenant aucun lien entre elles.
Par ailleurs, les révélations techniques permettraient d'établir que la conversation n'a pas été altérée a posteriori et que l'interlocuteur est enregistré sous le nom de Jordan Bardella dans les systèmes de Meta.
Le journal a également procédé à des recoupements biographiques, mentionnant notamment la naissance italienne de la mère du dirigeant du RN, une interview accordée au Parisien en 2013 ainsi que son échec au concours de Sciences Po.
Appels à la démission dans la classe politique
Les nouvelles révélations ont déclenché une série de réactions hostiles dans les rangs de l'opposition et au sein même de la majorité.
Le député François Ruffin a estimé sur BFMTV que la démission de Jordan Bardella
"doit aller de soi"
, appelant Marine Le Pen à l'écarter. Par ailleurs, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a indiqué : Si j’avais commis les mêmes écrits, à la seconde même, je partirais.
De plus, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal a jugé
"incompatible"
le maintien de M. Bardella dans ses fonctions de député européen si les faits étaient établis. L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a également affirmé jeudi soir qu'il était
"quasiment établi"
que le président du RN avait tenu des propos "à caractère manifestement et scandaleusement antisémites"
, ajoutant qu'il appartiendrait à son parti d'en tirer les conséquences.Démentis persistants et accusations du gouvernement
Jordan Bardella continue de rejeter ces accusations et conteste être l'auteur des messages incriminés, dénonçant des "pseudo-preuves".
Toutefois, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a accusé vendredi le dirigeant du RN de
"mentir éhontément"
en persistant dans ses dénégations. "Veut-on d’un Premier ministre qui non seulement est antisémite, mais qui par ailleurs ment aux Français devant des preuves qui l’accablent ?"
, a-t-il lancé sur RTL.À droite, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a qualifié les propos attribués à M. Bardella d'
"absolument affligeants"
et d'"accablants",
tout en maintenant une certaine réserve sur leur attribution définitive. Il a ainsi déclaré : Si c’est vrai, c’est extrêmement grave.
Contexte électoral
Cette affaire intervient quelques jours seulement après une première enquête de Mediapart faisant état de ces mêmes propos antisémites présumés.
Avec ces nouvelles publications, le site affirme désormais disposer d'éléments techniques et biographiques étayant l'attribution de ces échanges à l'actuel président du Rassemblement national.
Par ailleurs, la controverse prend une dimension particulière dans la mesure où M. Bardella figure parmi les principales personnalités politiques françaises à l'approche de la prochaine élection présidentielle.
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