17:13, 30/07/2026, jeudi
Chants racistes à la féria de Marboz: la Licra et le préfet saisissent la justice
Une vidéo de chants racistes tournée à la féria de Marboz, dans l'Ain, a été vue 2,7 millions de fois sur X. Plusieurs jeunes hommes y scandent une insulte visant les personnes maghrébines. Le 29 juillet, la Licra de l'Ain a déposé plainte et s'est constituée partie civile. Le préfet et la mairie ont saisi le parquet de Bourg-en-Bresse. Une enquête cherche à identifier les auteurs.
Une vidéo de chants racistes tournée à la féria de Marboz, dans l'Ain, provoque une onde de choc. La Licra a déposé plainte. Le préfet et la mairie ont saisi le parquet. Une enquête vise désormais à identifier les auteurs.
Une vidéo raciste vue des millions de fois
La séquence a été enregistrée le week-end dernier. Ensuite, elle a été publiée sur le réseau social X. En quelques jours, elle a été vue près de 2,7 millions de fois.
Sur ces images, plusieurs jeunes hommes apparaissent, bière à la main. Ils scandent une insulte raciste visant les personnes d'origine maghrébine ou arabe. Les propos sont explicites et humiliants.
Ainsi, une simple fête populaire s'est transformée en scène de haine. Par ailleurs, la diffusion massive a rapidement alerté les associations et les autorités.
La Licra de l'Ain dépose plainte
Ce mercredi 29 juillet, la Licra de l'Ain est montée au créneau. Son président, Philippe Marga, a saisi la procureure de la République de Bourg-en-Bresse. De plus, l'association a déposé plainte et s'est constituée partie civile.
Elle dénonce des
"injures publiques à caractère raciste, voire une incitation à la haine".
C'est pourquoi elle réclame des sanctions fermes."Nous estimons que ce type de comportement, qui se répand de plus en plus, doit être sanctionné"
, déclare Philippe Marga. En effet, la banalisation du racisme inquiète de nombreux acteurs de terrain."Le racisme n'est pas une opinion"
Le responsable associatif anticipe déjà les arguments de la défense. Certains pourraient invoquer l'ivresse ou la
"liberté d'expression".
Cependant, il balaie ces justifications. L'ivresse, rappelle-t-il, constitue une circonstance aggravante. Quant à la liberté d'expression, elle ne couvre pas les délits.
"Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit"
, martèle-t-il. Cette phrase résume la position de l'association.La mairie de Marboz se dissocie
La municipalité a réagi avec la même fermeté. Elle a effectué un signalement auprès du parquet de Bourg-en-Bresse. Ce signalement s'appuie sur l'article 40 du Code de procédure pénale.
Ce texte impose à toute autorité publique de signaler un délit dont elle a connaissance. La mairie a donc respecté cette obligation légale.
"La mairie condamne très fortement ces propos et se dissocie de ceux qui les tiennent"
, a écrit la commune sur Facebook. En revanche, elle refuse que ces images ternissent son image. Ces propos "ne reflètent en aucun cas l'image de la commune et l'esprit de tolérance et de convivialité de la Féria de Marboz"
, ajoute-t-elle.Le préfet de l'Ain saisit le procureur
Le préfet de l'Ain, Louis-Xavier Thirode, a lui aussi saisi le procureur. Il s'est appuyé sur le même article 40.
Dans un message publié sur X, la préfecture a condamné avec force ces agissements. Selon elle, ces chants
"n'ont rien à voir avec la fête"
. De plus, ils "n'ont rien à voir avec la Féria de Marboz"
ni "avec l'Ain".
"Les participants étaient venus partager un moment de joie. Quelques individus ont trahi cet esprit et ont choisi la haine. Ils devront en répondre"
, a écrit la préfecture. Le message est clair. Les auteurs devront rendre des comptes.Une enquête ouverte pour identifier les auteurs
Une enquête a désormais été ouverte. Son objectif est d'identifier les personnes filmées. Le parquet de Bourg-en-Bresse devra qualifier précisément les faits.
En droit français, les injures publiques à caractère raciste sont lourdement punies. En outre, l'incitation à la haine raciale constitue un délit distinct. Les peines peuvent aller de l'amende à l'emprisonnement.
Un racisme banalisé qui inquiète
Cette affaire dépasse le seul cadre local. En effet, elle illustre une inquiétude croissante face à la banalisation des propos racistes. Les communautés maghrébines et arabes de France se sentent régulièrement visées.
Par ailleurs, la viralité de la vidéo pose une autre question. Les réseaux sociaux amplifient ces séquences en quelques heures. Ainsi, la haine se diffuse plus vite qu'elle n'est sanctionnée.
Les associations antiracistes appellent donc à une réponse ferme de la justice. Pour elles, l'impunité nourrit la répétition. C'est pourquoi elles suivront de près la suite de cette procédure.
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