La cheffe de file des députés LFI y voit un "affront"
aux institutions démocratiques. Elle rappelle avec fermeté que "personne n'est au-dessus des lois en France"
. Panot a réaffirmé son soutien à une plainte déposée précédemment par le député Éric Coquerel contre Alexis Kohler pour non-présentation devant la commission d'enquête sur le dérapage des comptes publics. Cette commission, installée à l'initiative de l'opposition, entendait faire la lumière sur les choix budgétaires jugés opaques et coûteux opérés par l'exécutif ces dernières années.
Le refus répété de Kohler de répondre aux convocations de commissions d'enquête est perçu par Panot comme une violation de la séparation des pouvoirs. Elle appelle à un changement de régime : "Que soient rapidement abolis les privilèges de la Vᵉ République et passons à une VIᵉ République !"
, a-t-elle martelé. Scandale des eaux en bouteille
Pour rappel, Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, a récemment décliné la convocation de la commission d'enquête sénatoriale chargée d'examiner le scandale des eaux en bouteille, invoquant le principe de "séparation des pouvoirs"
. Cette commission, mise en place en novembre 2024, fait suite à des révélations concernant l'utilisation par Nestlé de traitements non autorisés sur ses eaux minérales. Le refus de Kohler de comparaître a surpris le sénateur socialiste Alexandre Ouizille, rapporteur de la commission, qui a souligné que l'Élysée avait précédemment coopéré en fournissant des documents relatifs à l'enquête. Il a exprimé son incompréhension face à cette décision, la qualifiant d'"incohérente"
. Selon l'ordonnance du 17 novembre 1958, toute personne convoquée par une commission d'enquête est tenue de s'y présenter. Le non-respect de cette obligation peut entraîner une peine de deux ans d'emprisonnement et une amende de 7 500 euros.
Ce refus intervient dans un contexte où des documents ont révélé qu'Alexis Kohler avait été en contact à plusieurs reprises avec des dirigeants de Nestlé entre 2022 et 2024, notamment lors de rencontres avec les anciens et actuels PDG du groupe. Ces échanges portaient sur l'utilisation de techniques de microfiltration non conformes aux normes réglementaires.
Transparency International France a critiqué la décision de Kohler, estimant qu'elle entrave le contrôle parlementaire de l'exécutif et porte atteinte au bon fonctionnement des institutions démocratiques. L'ONG a appelé le secrétaire général de l'Élysée à reconsidérer sa position et à coopérer pleinement avec les instances parlementaires.
La situation s'inscrit dans un climat tendu entre le pouvoir exécutif et l'Assemblée nationale, notamment autour de l'exercice du contrôle parlementaire. Alexis Kohler, bras droit d'Emmanuel Macron depuis 2017, est une figure centrale de la Macronie, mais aussi une personnalité régulièrement critiquée pour son influence jugée trop discrète et peu soumise à la reddition de comptes.
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