12:13, 28/07/2026, mardi
Netanyahu et Rubio veulent frapper la Cour pénale internationale
Benjamin Netanyahu affirme avoir obtenu de Marco Rubio la volonté américaine d'agir "avec fermeté" contre la Cour pénale internationale, à quelques jours d'un voyage à Washington. Le Premier ministre israélien lie la destitution du procureur Karim Khan, accusé de harcèlement sexuel, aux mandats d'arrêt qui le visent pour la guerre à Gaza. Ces mandats, émis par les juges en 2024, restent toutefois pleinement valides malgré cette offensive.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé avoir évoqué, la veille, avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio la volonté de Washington d'agir
"avec fermeté"
contre la Cour pénale internationale (CPI). Une offensive politique qui intervient alors que le chef du gouvernement israélien fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt international pour la guerre menée à Gaza.Netanyahu affiche le soutien américain contre la CPI
"J'ai parlé hier soir avec le secrétaire d'État Marco Rubio, et il m'a une nouvelle fois réaffirmé la volonté des États-Unis d'agir avec fermeté contre cette organisation qui met en danger la justice dans le monde"
, a déclaré Benjamin Netanyahu.Selon lui, la CPI menacerait
"le droit des pays démocratiques, des pays souverains, à exercer leur souveraineté"
et tenterait "d'asservir leur sécurité aux décisions de responsables corrompus à La Haye"
. Le Premier ministre israélien y voit "une évolution très positive"
et juge "important"
de "faire entendre ce message dans le monde entier".
Ces propos ont été tenus à quelques jours d'un déplacement de Benjamin Netanyahu aux États-Unis, où la question du démantèlement de la juridiction internationale doit être abordée avec l'administration américaine.
La destitution de Karim Khan instrumentalisée
Benjamin Netanyahu a par ailleurs cherché à relier la procédure de destitution visant le procureur de la CPI, Karim Khan, aux mandats d'arrêt délivrés contre lui-même et l'ancien ministre de la Défense Yoav Galant.
Karim Khan, à l'origine des poursuites visant aussi bien Vladimir Poutine que les dirigeants israéliens, était en congé volontaire depuis le mois de mai et avait été suspendu en juin, après que le bureau de la CPI eut estimé qu'il avait commis de graves manquements. Il est visé par des accusations de harcèlement sexuel de plusieurs femmes travaillant sous ses ordres.
Le Premier ministre israélien a affirmé, sans en apporter la preuve, que le procureur avait précipité la délivrance des mandats d'arrêt
"afin de détourner l'attention"
et de "rallier à lui tous les ennemis d'Israël"
, se dotant ainsi d'une "coquille protectrice"
. Une coquille selon lui "déchirée", qui aurait mis à nu "l'injustice et la profonde corruption qui règnent non seulement au sein du bureau du procureur, mais aussi dans l'ensemble de la CPI".
Les mandats d'arrêt restent en vigueur
Ces accusations, formulées sans élément à l'appui, ne modifient en rien la portée juridique des mandats. La destitution de Karim Khan n'entraîne pas l'annulation des mandats d'arrêt émis en 2024: il s'agit d'ordonnances rendues par les juges de la CPI, qui ne peuvent être levées que par une décision de justice.
Ces mandats visent Benjamin Netanyahu et Yoav Galant pour des faits présumés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza, où l'offensive israélienne a fait des dizaines de milliers de morts parmi la population palestinienne. En s'attaquant à l'institution plutôt qu'au fond du dossier, les dirigeants israéliens et leurs soutiens américains cherchent à affaiblir l'un des rares mécanismes internationaux susceptibles de demander des comptes sur les exactions commises contre les Palestiniens.
L'initiative américaine, si elle se concrétise, porterait un coup à une juridiction créée pour juger les crimes les plus graves et reconnue par plus de 120 États. Pour de nombreux défenseurs des droits humains, viser la CPI revient à priver les victimes, à Gaza comme ailleurs, de tout recours devant la justice internationale.
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