Israël : recul du Likoud, Netanyahu contre la Türkiye
11:40, 23/08/2026, dimanche
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Israël recul du Likoud, Netanyahu contre la TürkiyeLe Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a intensifié une rhétorique hostile envers la Türkiye pour sa campagne électorale, alors que son parti Likud recule dans les sondages à la suite de pressions américaines ayant contraint l'arrêt des attaques contre l'Iran et le Liban, selon des sources concordantes.
Des revers électoraux majeurs
Selon les derniers sondages,
le Likoud de Benjamin Netanyahu chuterait de 32 à 23 sièges lors des élections du 27 octobre, devenant ainsi le deuxième parti du pays. Cette dégringolade électorale intervient alors que le Premier ministre fait face à des poursuites judiciaires pour corruption, une première pour un chef de gouvernement israélien en exercice, et à un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale le 21 novembre 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis à Gaza.
L'homme politique, accusé d'être l'architecte du génocide dans l'enclave palestinienne où plus de 73 000 personnes ont trouvé la mort, peine à maintenir son alliance au pouvoir. Par ailleurs, les partenaires de coalition d'extrême droite et ultra-orthodoxe ne parviennent pas à rassembler les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement, un sondage de Channel 13 du 19 août créditant l'ensemble de la coalition de seulement 51 sièges.Pressions américaines et arrêt des hostilités
La rhétorique belliqueuse de Netanyahu s'est vue contrainte par Washington, qui a imposé la fin des attaques contre l'Iran et le Liban suite à un accord avec Téhéran, mettant fin à deux guerres contre l'Iran en 2025 et 2026 ainsi qu'à deux offensives distinctes contre le Liban. Cette décision a suscité de vives critiques de ses alliés, l'ancien Premier ministre Yaïr Lapid affirmant que le chef du gouvernement avait
"perdu la guerre".
L'ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman a ciblé Netanyahu en déclarant : "Pas un Premier ministre, mais une marionnette."
Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a également exhorté le Premier ministre à rejeter l'exigence présidentielle en affirmant : "Vous avez dit qu'un Premier ministre fort dit "oui" au président américain quand c'est possible et "non" quand c'est nécessaire. Il est maintenant temps de dire "non" à notre ami, le président Trump".
Un virage stratégique contre Ankara
Face à ces difficultés et à la perte de son image de
"dirigeant fort"
, l'équipe de campagne de Netanyahu a opéré un virage anti-Türkiye, particulièrement visible depuis l'attaque israélienne du 18 août contre la base aérienne d'Abu al-Duhur en Syrie. Amichai Chikli, ministre de la Diaspora, a indiqué lors d'une interview en juin que "La Türkiye et la Syrie sont des développements bien plus inquiétants que l'Iran"
. Il a également exprimé son malaise face à l'Accord de défense conjoint de La Mecque signé par la Türkiye, l'Arabie saoudite et le Pakistan, qualifiant la coopération entre Riyad et Ankara de "très mauvais développement"
pour Israël. De plus, le ministre de la Défense Israël Katz, figure proche de Netanyahu, multiplie les attaques contre le président Recep Tayyip Erdogan sur les réseaux sociaux, souvent rédigées en turc.Menaces et expansion régionale
Les membres du gouvernement israélien n'hésitent pas à brandir des menaces ouvertes. Le ministre de l'Énergie Eli Cohen a déclaré le mois dernier :
"Si la Türkiye établit une base en Syrie, nous en établirons une aussi".
Cette déclaration intervient dans un contexte où Israël a mené de nombreuses attaques contre les infrastructures militaires syriennes après la chute du régime de Bachar al-Assad, occupant certaines zones dans le sud du pays. Selon des sources concordantes, ces signaux anti-Türkiye sont apparus plusieurs semaines avant le raid contre Abu al-Duhur, alors que Netanyahu cherchait à compenser son image affaiblie. Toutefois, le Premier ministre s'était déjà illustré par des attaques contre le Yémen et le Qatar, qui pourtant assuraient la médiation entre le Hamas et Israël.Critiques et analyses politiques
L'opposition israélienne dénonce une instrumentalisation électoraliste de la politique étrangère. Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a qualifié l'attaque syrienne d'
"arrogant et dangereux",
affirmant qu'Israël avait "accrû les tensions avec la Türkiye et creusé le fossé avec les États-Unis".
L'ancien Premier ministre Ehud Barak a indiqué que Netanyahu poursuivait une politique visant à "atteindre les électeurs via les tensions sécuritaires".
La commentatrice politique Esther Solomon a précisé dans Haaretz que Netanyahu essayait de gagner des voix en utilisant tous les fronts pour "submerger, surprendre et épuiser l'opposition".
Médias complices et ciblages diplomatiques
La campagne anti-Türkiye ne se limite pas aux déclarations politiques. La chaîne Channel 14, connue pour sa proximité avec Netanyahu, a pris pour cible le Consulat général de Türkiye à Jérusalem-Est, affirmant que des
"rénovations non autorisées"
étaient en cours dans le bâtiment abritant la représentation diplomatique. En outre, la chaîne I24 a diffusé un documentaire affirmant que la Türkiye tentait de prendre le contrôle de Jérusalem-Est via ses institutions, couvrant notamment l'aide humanitaire aux Palestiniens et les activités du Centre culturel Yunus Emre. Jonathan Lis, chroniqueur à Haaretz, a analysé que "Alors que les élections d'octobre en Israël approchent, il est très suspect que Netanyahu veuille une escalade des tensions avec la Türkiye et la Syrie, d'autant plus que l'administration Trump encourage le calme entre les parties".
Selon le même observateur, des considérations politiques pèsent lourd dans le processus décisionnel du Premier ministre, aux côtés des paramètres sécuritaires.A lire également:

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