Route arctique : un navire sud-coréen vers l'Europe
16:17, 22/08/2026, samedi
AFP

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Un navire sud-coréen vers l'EuropeLe porte-conteneurs Panstar Acro a quitté samedi le port de Busan pour l'Europe par la route de l'Arctique, une alternative aux passages du Moyen-Orient bloqués par les tensions régionales, selon le ministère sud-coréen des Océans.
Départ de Busan vers l'Europe
Selon le ministère sud-coréen des Océans, le navire a largué les amarres à 21h30 locales (12h30 GMT) ce samedi.
"Le navire destiné à l'expérimentation de la route arctique a quitté le port à 21h30 (locales, 12H30 GMT)",
a annoncé le ministère dans un communiqué transmis à l'AFP. Le Panstar Acro, exploité par la compagnie locale PanStar Line Dot Com, doit desservir les ports de Felixstowe en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas et Gdansk en Pologne avant de regagner la Corée du Sud.Une réponse au blocage du Moyen-Orient
Cette expédition intervient alors que l'offensive américano-israélienne contre l'Iran perturbe depuis près de six mois les voies maritimes régionales. Le détroit d'Ormuz reste bloqué par Téhéran et les Houthis menacent la traversée de la mer Rouge, poussant les armateurs à contourner l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance.
"La route arctique est appelée à devenir une alternative aux routes du Moyen-Orient",
a récemment déclaré Nam Jae-hon, vice-ministre sud-coréen des Océans. Par ailleurs, cette voie permet de réduire les distances de 30 à 40% par rapport au canal de Suez et de près de moitié par rapport au tour de l'Afrique, selon une étude de l'assureur-crédit Coface publiée en avril.A lire également:

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Contraintes et potentiel commercial
Toutefois, la navigation arctique présente des limitations strictes qui freinent son développement. La route n'est praticable que d'août à octobre et nécessite des navires classés polaires de taille modeste. Le Panstar Acro affiche ainsi une capacité dix fois inférieure aux géants du fret maritime habituellement déployés sur la route asiatique-européenne, a précisé auprès de l'AFP Jérôme de Ricqlès, spécialiste du fret maritime chez Upply. De plus, seulement 3,5% des échanges existants entre l'Asie de l'Est, l'Europe du Nord et l'Amérique du Nord seraient réellement susceptibles d'emprunter ces voies polaires, selon la même étude de Coface.
Risques de sanctions et environnementaux
L'emprunt de cette route suscite également des craintes juridiques et écologiques. Des experts avertissent que les navires sud-coréens pourraient violer les sanctions occidentales contre la Russie en utilisant ses services de navigation et de météorologie.
"Les sanctions américaines et européennes ne relèvent, strictement parlant, pas du droit international, contrairement aux sanctions de l'ONU",
a souligné Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l'Université d'Oslo. Selon le même expert, la Corée du Sud pourrait avoir peu d'alternatives si cette route s'avère économiquement viable, compte tenu de l'incertitude persistante au Moyen-Orient. En outre, les défenseurs de l'environnement craignent que ces transits n'accélèrent la fonte de la banquise dans l'Arctique, menacé par le réchauffement climatique.
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