Mexique : démantèlement d'un réseau de trafic de migrants
14:29, 29/08/2026, samedi
AFP

Photo par VIRGILIO LUIS / AFP
Démantèlement d'un réseau de trafic de migrantsHuit membres présumés d'un groupe criminel spécialisé dans le trafic de migrants vers les États-Unis via des tunnels ont été interpellés au Mexique, a annoncé vendredi la Marine mexicaine.
Opération contre "La Tía"
Les autorités mexicaines ont procédé vendredi à l'arrestation de huit individus soupçonnés d'appartenir à une organisation criminelle qui facilitait l'entrée clandestine de migrants sur le territoire américain par des moyens sophistiqués. Selon un communiqué officiel de la Marine mexicaine, le groupe, connu sous le nom de
"La Tía",
utilisait des tunnels situés dans la ville frontalière de Ciudad Juárez pour faire passer les personnes aux États-Unis, contournant ainsi les points de contrôle officiels.Par ailleurs, l'opération a permis d'interpeller la présumée cheffe de cette organisation, également désignée par le surnom de
"La Tía"
, dans le cadre de perquisitions menées simultanément dans les États de Jalisco et de Chihuahua. Cette arrestation marque un coup significatif porté contre les réseaux de passage illégal qui exploitent la vulnérabilité des migrants aux abords de la frontière américano-mexicaine, une zone particulièrement surveillée ces derniers mois.Saisies et activités criminelles
Les forces de l'ordre ont également saisi deux camionnettes, 31 téléphones portables ainsi que divers matériels électroniques et informatiques au cours de ces interventions coordonnées entre différentes unités de police judiciaire. La Marine a indiqué que ces biens servaient probablement à coordonner les mouvements des migrants et à maintenir des communications sécurisées avec les complices établis des deux côtés de la frontière, permettant ainsi l'organisation logistique complexe des passages clandestins.
De plus, les enquêteurs ont établi que cette même cellule était impliquée dans d'autres activités illicites, notamment le trafic de stupéfiants, l'enlèvement et l'extortion visant les populations vulnérables qui traversent le territoire mexicain. Ces délits complémentaires illustrent la diversification des sources de revenus de ce groupe criminel qui exploitait systématiquement la précarité et la détresse des candidats à l'exil pour maximiser ses profits illicites.
Origine de l'enquête
L'enquête visant le réseau
"La Tía"
a été ouverte en janvier suite à une dénonciation formulée par le ministère de la Sécurité intérieure des États-Unis, a précisé le parquet mexicain dans un communiqué officiel rendu public vendredi. Selon le même document, la plainte américaine exposait l'existence d'une infrastructure organisée de trafic d'êtres humains opérant depuis le territoire mexicain avec des ramifications potentielles sur le sol américain.Le parquet a ainsi rapporté que la communication transmise par Washington mentionnait explicitement
"où était exposé un possible réseau qui trafiquait des personnes (...) vers ce pays".
Cette coopération judiciaire intervient dans un contexte de fortes pressions diplomatiques exercées par l'administration américaine sur les autorités mexicaines concernant la gestion des flux migratoires et la répression des organisations criminelles transfrontalières.Contexte migratoire et sécuritaire
Le Mexique constitue depuis plusieurs années un pays de transit privilégié pour des milliers de personnes originaires principalement d'Amérique centrale qui tentent d'atteindre les États-Unis par des voies terrestres souvent périlleuses. En outre, les deux pays ont récemment renforcé leur collaboration sécuritaire à Ciudad Juárez par des opérations aériennes et terrestres concertées destinées à interdire le passage des migrants et des groupes armés qui sévissent dans cette région frontalière stratégique.
Cette mobilisation accrue des forces de l'ordre s'inscrit dans le cadre des exigences formulées par l'administration Trump depuis le début de son second mandat en 2025, qui a considérablement durci sa politique migratoire et réclamé de Mexico une répression sans faille des réseaux de passeurs actifs le long de la frontière commune. Toutefois, les risques demeurent élevés pour les candidats au passage, alors que plus de 11 000 migrants ont disparu dans la région des Amériques depuis 2014, principalement sur la route entre le Mexique et les États-Unis, selon les données compilées par l'Organisation internationale pour les migrations.
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