Les affrontements meurtriers suscitent un malaise au Kosovo

Une semaine après les affrontements meurtriers au Kosovo qui y ont déclenché l'une des plus graves escalades des tensions depuis des années, la possibilité d'un rapprochement entre les Albanais et les Serbes semble être plus éloignée que jamais.
Le meurtre d'un policier kosovar albanais, tué dimanche dans une embuscade par un commando paramilitaire serbe, et la fusillade qui s'en est suivie toute la journée, en faisant trois morts côté serbe, ont fait remonter à la surface des années de méfiance et d'amertume.
En même temps, les autorités de la Serbie et celles de son ancienne province -dont Belgrade, soutenu par la Russie, ne reconnaît pas l'indépendance proclamée en 2008-, se sont livrées à une guerre des mots et d'accusations qui risque d'éloigner davantage leurs positions dans un dialogue voulu par Bruxelles.
Un tiers des quelque 120.000 Serbes du Kosovo (1,8 million d'habitants) vivent dans cette région frontalière de la Serbie. Soutenus par Belgrade, ils refusent toute allégeance au gouvernement du Kosovo.
Dans la partie serbe de la ville divisée de Mitrovica, ses habitants disent craindre désormais une présence accrue des forces spéciales de la police kosovare.
Je veux juste une vie normale, et ce n'est pas une vie normale. Je pense que, après ce qui s'est passé, toute la communauté sera stigmatisée.
"Rêve de liberté"
Le dialogue sous l'égide de Bruxelles risque d'être à l'arrêt pour un moment après les affrontements du dimanche. Réunis dix jours avant à Bruxelles, le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti ont encore une fois campé sur leurs positions.
Des mois de tensions
Alors que la partie serbe souhaite obtenir une forme d'association des municipalités serbes dans le nord, à savoir une certaine autonomie, la partie kosovare réclame avant toute discussion la reconnaissance par Belgrade de l'indépendance du Kosovo.
Les Serbes étaient alors descendus dans la rue pour empêcher les nouveaux édiles d'exercer leurs fonctions. Des dizaines de membres de la force de l'Otan au Kosovo (Kfor) ont été blessés dans des affrontements avec les manifestants.
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