Cette visite intervient dans un contexte de violences persistantes et de violations des droits humains notamment dans les provinces touchées par les violences.
Durant son séjour, Karim Khan prévoit de rencontrer le président Félix Tshisekedi, des membres du gouvernement, ainsi que des représentants de la Mission onusienne de maintien de la paix, Monusco, et des acteurs de la société civile.
Ces échanges visent à recueillir des témoignages et à renforcer la coopération avec les autorités locales et internationales pour faire avancer les enquêtes sur les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et autres atrocités signalées dans le pays.
Dans une déclaration forte, le procureur s'est dit inquiet de ce qui se passait en RDC et a tenu à rappeler l'urgence d'appliquer le droit international.
"Comme le reste du monde, nous sommes très inquiets de ce qui se passe en République démocratique du Congo, particulièrement dans l'Est. Des centaines des personnes sont mortes et des milliers des blessés. Le message doit passer clairement. Tout groupe armé, toutes forces armées, et tous les alliés des groupes armés n'ont pas un chèque à blanc, ils doivent se conformer aux normes et lois internationales"
, a-t-il prévenu. Karim Khan a également souligné l'importance d'une justice équitable et de sanctionner les atrocités qui se passent dans la région.
"La loi doit être effective, tous les individus doivent se conformer au statut de Rome. Personne ne peut attaquer les civiles, blesser les gens, tuer les gens. Les populations de la République démocratique du Congo sont aussi précieuses que les gens de n'importe où à travers le monde, aussi précieux que les gens de l'Ukraine, les gens d'Israel et de la Palestine"
, a-t-il martelé.La visite du procureur Karim Khan survient alors que la situation dans l'est de la RDC reste extrêmement préoccupante.
Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon plusieurs rapports onusiens ont pris le contrôle de plusieurs localités clés, notamment la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu et Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, entraînant des milliers de blessés et plus de 3000 morts depuis le début de l'offensive.
Cette crise a déplacé des centaines de milliers de personnes et a aggravé la situation humanitaire dans la région. Les violences dans cette région ont entraîné des violations graves des droits humains, incluant des exécutions sommaires, des violences sexuelles et des pillages, selon des rapports de l'ONU.
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