“Ces derniers jours, Gaza a disparu des radars médiatiques, alors que la situation sur le terrain continue de se dégrader. Les frappes se poursuivent quotidiennement, et les déplacements de population sont constants”
, a-t-il déclaré à l’agence Anadolu.Il a notamment dénoncé l’aggravation de la crise provoquée par le blocage quasi total de l’aide humanitaire imposé par Israël, affirmant que le nouveau système de distribution d’aide est devenu un “piège mortel” qui cause plus de morts qu’il n’en sauve.
“Ce système met les civils face à des choix inhumains : laisser leur famille mourir de faim ou risquer leur vie pour obtenir de l’aide”
, a-t-il ajouté. “C’est une situation d’une gravité extrême, que certains décrivent comme dystopique, post-apocalyptique. Elle nécessite une mobilisation urgente de la communauté internationale.”
Lazzarini a salué les efforts ayant conduit au cessez-le-feu, annoncé par le président américain Donald Trump, espérant qu’il permettra de désamorcer les tensions régionales, mais aussi de rouvrir le débat sur la situation à Gaza.
“Ce cessez-le-feu est une étape nécessaire. Il est vital qu’il tienne. La région ne peut supporter une nouvelle escalade”
, a-t-il affirmé. “Il doit aussi permettre de relancer les négociations pour un cessez-le-feu à Gaza, la libération des otages, la levée du siège, et un accès libre et sécurisé pour l’aide humanitaire.”
Selon lui, les agences de l’ONU sont prêtes à intervenir. “Nous avons l’expérience, les capacités et les ressources. Nous l’avons prouvé lors de la dernière trêve: nous avions réussi à enrayer la famine. Aujourd’hui encore, des tonnes d’aide, alimentaires et médicales, attendent juste aux portes de Gaza, à Ashdod, El-Arish ou en Jordanie.”
Depuis octobre 2023, l’UNRWA a perdu près de 320 membres de son personnel dans des frappes israéliennes. Malgré les bombardements, les arrestations et les actes d’intimidation, l’agence continue à assurer des services essentiels à la population.
Lazzarini a par ailleurs fustigé le nouveau mécanisme d’aide imposé par Israël sous pression internationale, estimant qu’il humilie les Gazaouis et les met en danger. “Ce système attire délibérément de jeunes hommes dans des zones proches de positions militaires israéliennes, provoquant des massacres réguliers”
, a-t-il dénoncé. “Il laisse de côté les plus vulnérables : les personnes âgées, les enfants, les femmes seules. Ce n’est pas une réponse humanitaire crédible.”
Depuis le début de l’offensive israélienne sur Gaza en 2023, plus de 56 000 Palestiniens ont été tués et plus de 100 000 blessés, en majorité des femmes et des enfants.
Israël est aujourd’hui poursuivi pour génocide devant la Cour internationale de justice (CIJ), tandis qu’en novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés à Gaza.
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