France : l'État ignore le nombre exact de décès sous sa garde
11:16, 25/09/2026, vendredi
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@CGLPLX
Les données demeurent fragmentées entre les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé, empêchant toute vision d'ensemble précise des décès survenant sous contrainte publique. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) dénonce l'absence de recensement exhaustif des décès survenant sous contrainte judiciaire ou médicale, selon deux avis parus vendredi au Journal officiel.
Un bilan impossible à établir
Selon les documents publiés par l'autorité indépendante, les décès concernent les personnes placées en prison, en garde à vue, en centre de rétention administrative ou sous hospitalisation psychiatrique sans consentement.
Les données demeurent fragmentées entre les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé, empêchant toute vision d'ensemble précise des décès survenant sous contrainte publique.
Par ailleurs, certains décès survenant à l'hôpital à l'issue d'une mesure de privation de liberté échappent actuellement aux statistiques officielles, créant un vide documentaire majeur.
La CGLPL relève notamment que le ministère de la Santé est incapable de déterminer combien de patients meurent au cours ou au terme de soins psychiatriques imposés.
Elle exige désormais de chaque département ministériel qu'il recense, analyse et publie annuellement l'intégralité de ces décès, y compris lorsque le décès intervient dans un établissement hospitalier après une garde à vue ou un placement en rétention administrative.
Des chiffres alarmants en détention
Concernant les seules prisons, des statistiques précises sont tenues. Le ministère de la Justice a recensé 275 décès en détention au cours de l'année 2025, dont 136 suicides, selon le premier avis.
Dans un second texte consacré spécifiquement à la prévention du suicide, la CGLPL indique que la France affiche l'un des taux les plus élevés d'Europe en la matière, surpassant la moyenne des pays voisins.
Des soins psychiatriques inaccessibles
L'accès aux soins mentaux en milieu carcéral apparaît particulièrement défaillant. Selon les établissements pénitentiaires, l'attente pour un premier rendez-vous avec un psychiatre peut s'étendre de quatre à huit mois, voire davantage dans certaines structures surchargées.
De plus, la prévention des suicides reste excessivement centrée sur la surveillance des détenus déjà identifiés comme vulnérables, sans approche globale du dépistage des risques chez l'ensemble de la population carcérale.
Vingt-quatre morts violentes en quatre ans
Entre le début de l'année 2022 et avril 2026, vingt-quatre détenus sont décédés des suites d'agressions physiques commises par un ou plusieurs codétenus.
La CGLPL cite notamment la surpopulation carcérale chronique, le manque de surveillants pénitentiaires et l'absence d'interphone dans certaines cellules comme autant d'obstacles à la prévention des violences et à l'intervention rapide des secours.
En outre, l'autorité souligne que ces conditions matérielles dégradées favorisent les tensions interpersonnelles et limitent la capacité des agents à détecter les situations à risque avant qu'elles ne tournent au tragique.
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