Dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué que Gilberto Teodoro, son épouse et son enfant seront désormais interdits d’entrée en Chine continentale ainsi que dans les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao. Les autorités chinoises ont également précisé que les personnes physiques et morales chinoises ne pourront entretenir aucune relation commerciale, de coopération ou autre activité avec le ministre philippin et sa famille.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Pékin et Manille autour des revendications territoriales en mer de Chine méridionale.
Des déclarations vivement critiquées par Pékin
Les autorités chinoises reprochent notamment à Gilberto Teodoro des propos tenus le 24 mars dernier lors du 49e anniversaire du Commandement occidental des forces armées philippines, chargé des opérations en mer de Chine méridionale.
À cette occasion, le ministre avait affirmé qu’aucun État membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ne reconnaissait la carte publiée par la Chine en 1947 pour justifier ses revendications territoriales dans cette zone stratégique.
"Parce que cette carte est la plus grande fiction et le plus grand mensonge que l’on puisse faire accepter à une personne dotée de raison"
, avait déclaré Gilberto Teodoro.Le mois dernier, lors du Dialogue de Shangri-La organisé à Singapour, le ministre philippin avait également qualifié la Chine de "menace sérieuse"
sur les plans territorial et politique, tout en accusant Pékin de freiner l’élaboration d’un Code de conduite en mer de Chine méridionale. Les autorités chinoises avaient alors dénoncé ces propos, estimant que Teodoro ne manifestait "aucun sentiment de gratitude envers la Chine"
, malgré l’aide fournie récemment par Pékin sous forme d’engrais et de carburant afin d’atténuer les perturbations d’approvisionnement provoquées par les tensions dans le détroit d’Ormuz. Un différend maritime toujours sensible
La mer de Chine méridionale demeure l’un des principaux foyers de tensions géopolitiques en Asie-Pacifique. La Chine revendique près de 80 % de cette vaste zone maritime sur la base d’une carte publiée en 1947, tandis que les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et le Brunei contestent ces revendications.
Cette région est considérée comme stratégique en raison de ses importantes ressources énergétiques et halieutiques ainsi que de son rôle essentiel dans le commerce maritime international.
Les États-Unis et plusieurs pays riverains s’opposent également à la militarisation des îles contestées et à la présence croissante des forces chinoises dans cette zone.
En 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye avait estimé, à la demande des Philippines, que les revendications historiques avancées par Pékin ne reposaient sur aucun fondement juridique au regard du droit international.
Les nouvelles sanctions annoncées par la Chine illustrent une nouvelle détérioration des relations entre Pékin et Manille, alors que les différends territoriaux en mer de Chine méridionale continuent d’alimenter les tensions régionales.
À lire également:

International
Philippines: le bilan de l’effondrement d’un immeuble en construction monte à 17 morts

International
Philippines : vers plus de pétrole russe ?

International
Iran autorise Manille à traverser Ormuz
Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.