Israël et l’hypocrisie nucléaire au Moyen-Orient
17:28, 13/05/2026, mercredi
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Tom Sauer, professeur belge de politique internationale à l’Université d’Anvers, dénonce le double standard autour de l’arsenal nucléaire israélien et les conséquences régionales de la guerre contre l’Iran.L’universitaire belge Tom Sauer, professeur de politique internationale à l’Université d’Anvers et chercheur invité à l’Université Meiji Gakuin à Tokyo, estime que la guerre contre l’Iran met en lumière « l’hypocrisie nucléaire » d’Israël et les contradictions de la politique américaine au Moyen-Orient.
Dans une tribune publiée par Anadolu, il souligne que le conflit contre l’Iran dure plus longtemps que prévu pour l’administration du président américain Donald Trump, tandis que la hausse des prix de l’énergie et du carburant affecte l’économie mondiale.
Selon Tom Sauer, le programme nucléaire iranien figure parmi les principales raisons avancées pour justifier cette guerre. Il affirme également que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait convaincu Donald Trump de frapper l’Iran pour la deuxième fois en moins d’un an, selon le New York Times.
Double standard nucléaire
L’universitaire s’interroge sur la légitimité d’Israël à empêcher d’autres États d’acquérir l’arme nucléaire alors que l’État hébreu n’a jamais signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et possède lui-même l’arme atomique sans jamais l’avoir officiellement reconnu.
Selon lui, Israël cherche à maintenir un monopole nucléaire au Moyen-Orient, une situation qu’il juge
"difficilement durable"
à long terme.Tom Sauer estime que la crainte de l’arsenal nucléaire israélien constitue l’une des principales motivations du programme nucléaire iranien susceptible d’avoir des usages militaires.
Il avertit qu’une nucléarisation de l’Iran pourrait pousser d’autres pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, à chercher également à se doter de l’arme nucléaire.
L’auteur rappelle aussi que l’Égypte avait auparavant développé un programme nucléaire militaire, tandis que des pays comme les Émirats arabes unis et la Türkiye investissent dans des infrastructures nucléaires civiles pouvant potentiellement avoir des usages stratégiques.
Selon lui,
"la seule solution stable
" réside dans la création d’"une zone exempte d’armes de destruction massive
" au Moyen-Orient.Pressions croissantes aux États-Unis
Tom Sauer souligne qu’une trentaine d’élus démocrates américains ont récemment demandé à Donald Trump de reconnaître publiquement qu’Israël possède des armes nucléaires.
Depuis la fin des années 1960, les administrations américaines successives évitent officiellement de confirmer l’existence de l’arsenal nucléaire israélien.
L’auteur estime qu’une reconnaissance officielle rendrait plus difficile pour Israël de justifier des guerres visant à empêcher d’autres États du Moyen-Orient de développer l’arme nucléaire.
Il considère cette initiative parlementaire comme un précédent inédit dans le débat politique américain.
Selon lui, l’évolution de l’opinion publique américaine à l’égard d’Israël, notamment après les bombardements israéliens à Gaza, a contribué à rendre cette critique plus visible au sein du Parti démocrate.
Tom Sauer note également que plusieurs membres du Congrès reprochent à l’administration Trump d’avoir engagé les États-Unis dans cette guerre sans approbation parlementaire.
Il rappelle enfin que ce débat intervient alors que se tient à New York la conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire, signé par la quasi-totalité des États du monde à l’exception notamment d’Israël, de l’Inde et du Pakistan.
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