Chine-UE : Pékin appelle au dialogue sur le commerce
11:49, 07/10/2026, mercredi
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Le port de Shanghai, d'où partent nombre de marchandises pour l'Union Européenne, alors que la Chine estime que ses relations avec les 27 sont "mutuellement dépendantes".La Chine juge ses relations commerciales avec l'Union européenne "très intégrées et mutuellement dépendantes" et appelle au dialogue. Pékin répond ainsi à une lettre d'Emmanuel Macron et de Friedrich Merz, qui réclament de nouveaux instruments commerciaux. Le commissaire Maroš Šefčovič rencontre le ministre chinois Wang Wentao jeudi et vendredi. En 2025, le déficit commercial de l'UE en biens avec la Chine a atteint 359,8 milliards d'euros.
La Chine tend la main à l'Union européenne sur le terrain commercial. Pékin juge ses relations économiques avec les 27
"très intégrées et mutuellement dépendantes"
. Cette déclaration répond à une demande de Paris et de Berlin.La France et l'Allemagne ont réclamé lundi de nouveaux instruments commerciaux pour l'UE. Ainsi, le bras de fer s'installe à la veille d'une rencontre clé à Pékin.
Pékin défend des chaînes d'approvisionnement "très intégrées"
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a réagi par écrit mardi soir. Selon lui, les chaînes industrielles et d'approvisionnement des deux partenaires sont étroitement liées. Il estime que leurs échanges restent
"mutuellement bénéfiques par nature".
Pékin appelle donc l'Union européenne à avancer
"dans la même direction"
. Le porte-parole souhaite que les deux camps règlent leurs préoccupations par le dialogue et la consultation.L'objectif affiché est clair. La Chine veut préserver la stabilité des chaînes industrielles mondiales. Elle veut aussi favoriser un développement
"sain et régulier"
de ses relations avec l'UE.Macron et Merz réclament de nouveaux outils commerciaux
Le message chinois répond à une initiative franco-allemande. Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont adressé une lettre commune à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Les deux dirigeants estiment que l'UE affronte des "défis sans précédent". En effet, ils jugent les mesures actuelles insuffisantes pour protéger le système commercial du bloc.
Paris et Berlin proposent d'abord de réduire les dépendances européennes. Ils veulent ensuite résoudre la concentration actuelle des chaînes d'approvisionnement. Enfin, ils souhaitent empêcher l'apparition de nouveaux risques de concentration.
Le courrier ne nomme pas de nouvel instrument précis dans les informations disponibles. Cependant, il ouvre clairement le débat sur un durcissement de l'arsenal européen.
Šefčovič attendu à Pékin jeudi et vendredi
Le calendrier donne du poids à ces échanges. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, se rend en Chine. Le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, l'accueillera.
Les deux hommes se verront jeudi et vendredi. C'est leur première rencontre en trois mois. Ils s'étaient vus pour la dernière fois à Bruxelles.
Le commissaire a fixé ses priorités avant son départ. Bruxelles cherche des avancées dans trois secteurs : l'automobile, les dispositifs médicaux et les produits agroalimentaires.
Šefčovič a également prévenu que l'UE pourrait recourir à des instruments commerciaux défensifs. Cette option reste ouverte si les négociations échouent. Par ailleurs, cette menace pèsera sur la table des discussions.
Un déficit commercial de près de 360 milliards d'euros
Les chiffres de 2025 expliquent la nervosité européenne. L'UE a importé pour 559,4 milliards d'euros de biens chinois, soit environ 634 milliards de dollars. De son côté, elle n'a exporté que 199,6 milliards d'euros vers la Chine.
Le déficit commercial en biens atteint donc 359,8 milliards d'euros. Les importations européennes dépassent ainsi près de trois fois les exportations.
Ce déséquilibre nourrit la pression politique à Bruxelles. En revanche, il montre aussi l'ampleur des liens économiques que Pékin met en avant. Les deux lectures coexistent, et chacune sert un camp.
Dépendance mutuelle: deux lectures opposées
Pékin voit dans l'interdépendance une garantie de stabilité. Selon cette logique, aucune des deux économies ne peut se couper de l'autre sans en payer le prix.
Paris et Berlin raisonnent à l'inverse. Pour eux, une dépendance trop forte à un seul fournisseur crée une vulnérabilité stratégique. C'est pourquoi ils plaident pour diversifier les approvisionnements.
Cette divergence éclaire la rencontre de jeudi. La Chine mise sur la consultation. L'UE, elle, négocie avec une carte défensive en main.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments détermineront la suite. D'abord, les discussions sur les automobiles, les dispositifs médicaux et l'agroalimentaire diront si un compromis existe. Ensuite, la réponse de la Commission à la lettre franco-allemande précisera les futurs outils.
Enfin, le ton adopté par Wang Wentao et Maroš Šefčovič donnera un signal. Un dialogue constructif écarterait, pour l'instant, le recours aux mesures défensives.
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