Le sénateur républicain Lindsey Graham a affirmé dimanche qu’un "changement de tactique"
allait prochainement intervenir dans la guerre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza. "Le sujet dont nous parlons aujourd’hui, c’est un changement de stratégie",
a-t-il déclaré à Kristen Welker de NBC News, interrogé sur les récents propos de Donald Trump évoquant la nécessité de "finir le travail".
Avant son départ pour l’Écosse vendredi, Donald Trump avait affirmé que les dirigeants du mouvement palestinien Hamas allaient désormais être "traqués". "Le Hamas ne voulait vraiment pas conclure d’accord. Je pense qu’ils veulent mourir… Et on en est arrivé au point où il faut finir le travail"
, a-t-il lancé devant des journalistes. Pour Lindsey Graham, l’ancien président américain est désormais convaincu qu’"il n’y a aucun moyen de négocier une fin à cette guerre avec le Hamas".
Le sénateur a qualifié le mouvement palestinien de "nazis religieux"
et d’"organisation terroriste fondée pour détruire l’État d’Israël".
"Je pense qu’Israël est arrivé à la conclusion qu’il ne peut atteindre son objectif de mettre fin à la guerre contre le Hamas de manière à garantir la sécurité du pays, et qu’il va faire à Gaza ce que nous avons fait à Tokyo et Berlin : prendre le territoire par la force, puis repartir de zéro, avec l’espoir de bâtir un avenir meilleur pour les Palestiniens, en envisageant éventuellement que les Arabes reprennent le contrôle de la Cisjordanie et de Gaza"
, a-t-il déclaré.Selon lui, une offensive militaire d’ampleur est imminente: "Ce que vous allez voir, Kristen, c’est un changement de tactique dans les semaines à venir : une opération militaire totale d’Israël pour faire tomber Gaza, comme nous l’avons fait à Tokyo et Berlin."
Parallèlement, l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé jeudi que la délégation américaine aux pourparlers de cessez-le-feu allait rentrer à Washington pour des consultations. Selon lui, la réponse du Hamas "démontre clairement un manque de volonté d’aboutir à un cessez-le-feu à Gaza".
Witkoff a précisé que les États-Unis allaient désormais "envisager des options alternatives pour ramener les otages et tenter de créer un environnement plus stable pour la population de Gaza"
. À ce stade, les détails de ces "opérations alternatives"
ne sont pas encore connus. Pendant ce temps, la situation humanitaire dans l’enclave continue de se dégrader. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies estime qu’un quart de la population gazaouie fait face à des conditions proches de la famine.
Dimanche, Israël a annoncé des pauses localisées des combats pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire via des corridors sécurisés, après la mort de dizaines de Palestiniens victimes de la famine.
Les images venues de Gaza témoignent de l’ampleur de la catastrophe: des civils extrêmement amaigris s’effondrent d’épuisement, de déshydratation et de faim prolongée.
Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a tué plus de 59 700 Palestiniens, majoritairement des femmes et des enfants. L’offensive a détruit une grande partie des infrastructures, provoqué l’effondrement du système de santé et aggravé les pénuries alimentaires.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.
Israël est également poursuivi devant la Cour internationale de Justice pour génocide, dans le cadre de sa guerre contre l’enclave palestinienne.
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