Trafic maritime: les pétroliers reviennent progressivement dans le détroit d'Ormuz

Le trafic maritime commercial connaît une reprise progressive dans le détroit d'Ormuz après l'accord-cadre conclu entre les États-Unis et l'Iran. Plusieurs pétroliers saoudiens, iraniens et méthaniers qataris ont repris leurs traversées, signalant un début de normalisation des exportations énergétiques du Golfe. Malgré cette amélioration, les risques sécuritaires restent élevés et le volume du trafic demeure très inférieur aux niveaux observés avant le conflit. Les marchés pétroliers, gaziers, maritimes et les assureurs suivent de près l'évolution de cette route stratégique mondiale.
Le trafic maritime commercial montre des signes de reprise dans le détroit d'Ormuz après l'accord-cadre conclu entre les États-Unis et l'Iran. Au moins douze pétroliers identifiés ont traversé, quitté ou réintégré cette voie maritime stratégique ces derniers jours, illustrant un retour progressif des flux énergétiques mondiaux.
Selon les données de la société d'analyse maritime Kpler, trois superpétroliers saoudiens ont réapparu jeudi à l'extérieur du détroit d'Ormuz après deux mois d'absence. Les navires Awtad, Jaham et Shaden figurent parmi les premiers grands transporteurs de pétrole à reprendre cette route depuis l'entrée en vigueur du mémorandum d'Islamabad entre Washington et Téhéran.
L'Awtad, chargé de deux millions de barils de pétrole brut saoudien, a franchi le détroit d'Ormuz en direction de la Corée du Sud. Les pétroliers Shaden et Jaham, également soupçonnés de transporter du brut saoudien, ont été repérés dans le golfe d'Oman après avoir traversé la zone avec leurs systèmes de localisation désactivés.
Un pétrolier iranien de produits raffinés, le Viraj, transportant environ 27 500 barils de produits pétroliers contaminés depuis le port de Bandar Imam Khomeini, a également emprunté le détroit d'Ormuz en direction des Émirats arabes unis.
Le Qatar prépare une hausse des exportations de GNL
Le Qatar a également marqué un tournant important en faisant revenir dans le golfe Persique un méthanier vide via le détroit d'Ormuz pour la première fois depuis le début du conflit. Le navire Al Hamla, appartenant à la compagnie nationale qatarie, a été observé jeudi au terminal d'exportation de Ras Laffan.
Cette opération est interprétée comme un signal de préparation à une augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), dont le Qatar demeure l'un des principaux producteurs mondiaux.
D'autres transporteurs de GNL ont également repris leur activité dans la zone. Le méthanier Disha, battant pavillon maltais, a franchi le détroit lundi après avoir chargé sa cargaison au Qatar. Le transporteur français Mraikh a également traversé la voie maritime jeudi.
Des pétroliers liés à l'Iran réactivent leurs systèmes de suivi
La reprise du trafic concerne aussi plusieurs pétroliers associés à l'Iran. Des navires transportant du pétrole brut iranien ont réactivé leurs systèmes AIS de suivi après l'accord américano-iranien.
Les très grands pétroliers Hero II et Diona, chacun chargés d'environ deux millions de barils de pétrole, ont été observés au large du golfe d'Oman en direction du sud-est. Le pétrolier Sonia I a suivi une trajectoire similaire, tandis que le navire Amber a réactivé son système de localisation à proximité de la sortie orientale du détroit d'Ormuz.
Parmi les autres mouvements recensés figurent également les pétroliers Ye Chi et Tong Lin Wan.
Une réouverture progressive mais prudente
Malgré cette reprise visible du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, les experts soulignent que la situation reste fragile. Les opérateurs maritimes semblent tester progressivement la route après plusieurs semaines d'incertitude liées au conflit.
Depuis le 28 février, le trafic commercial avait été fortement perturbé. Avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, environ 130 navires empruntaient quotidiennement le détroit d'Ormuz. Ce chiffre avait chuté de plus de 90 % pendant les hostilités.
Selon les calculs réalisés sur la période des 100 jours de conflit, seulement un millier de navires commerciaux ont traversé le détroit, soit une moyenne d'environ dix navires par jour.
L'accord-cadre en 14 points prévoit que l'Iran facilite gratuitement et en toute sécurité la circulation des navires entre le golfe Persique et le golfe d'Oman pendant une période de 60 jours, le temps des négociations en vue d'un accord définitif.
Le détroit d'Ormuz reste sous haute surveillance
Malgré les progrès observés, les risques pour la navigation demeurent élevés. De nombreux navires continuent de suivre les corridors maritimes situés dans les eaux territoriales iraniennes ou désactivent temporairement leurs systèmes AIS lors de la traversée, compliquant l'évaluation précise du trafic en temps réel.
Situé entre l'Iran et Oman, le détroit d'Ormuz constitue l'une des routes énergétiques les plus stratégiques au monde. Une part essentielle des exportations mondiales de pétrole brut, de carburants raffinés et de gaz naturel liquéfié transite par ce passage maritime crucial.
A lire également:



Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.