Gaza: les soldats canado-israéliens redoutent des poursuites

L’ouverture d’une enquête par la Gendarmerie royale du Canada sur de possibles crimes de guerre liés à Gaza inquiète de nombreux soldats canadiens ayant servi dans l’armée israélienne. Bien que la GRC affirme ne viser aucune communauté, plusieurs binationaux redoutent des arrestations ou des poursuites s’ils rentrent au pays. Dans un climat de tensions diplomatiques entre Ottawa et Jérusalem, et alors que des plaintes similaires émergent dans d’autres pays, ces soldats se sentent abandonnés par les autorités israéliennes et stigmatisés dans leur pays natal, où ils sont assimilés à des criminels de guerre.
"J’ai peur de rentrer chez moi"
L’annonce d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur de possibles crimes de guerre liés à Gaza plonge plusieurs soldats canadiens ayant combattu dans les rangs de l’armée israélienne (IDF) dans l’inquiétude. Certains envisagent même de ne plus revenir au Canada, redoutant des poursuites judiciaires.
"Ton nom est sur ce site"
En mars 2025, après plusieurs semaines de service militaire sur le front nord d’Israël, Nati Hubberman récupère son téléphone. Il découvre alors une avalanche de messages de ses amis.
Mastracci, rédacteur pour le média indépendant The Maple, affirme vouloir recenser les Canadiens ayant combattu pour Israël. Au départ, Hubberman trouve la démarche marginale, mais tout change en juin.
Une enquête au périmètre qui inquiète Israël
"J’étais censé rentrer la semaine dernière"
Un autre réserviste, qui préfère rester anonyme et être désigné par la lettre N., a également choisi de ne pas rentrer au pays. Né à Calgary, il a passé près de 300 jours en service, principalement à Gaza, depuis les attaques du 7 octobre 2023.
Des soldats surveillés dans le monde entier
Cette inquiétude n’est pas isolée. Douze pays – dont le Brésil, la Belgique, les Pays-Bas, Chypre ou encore la Thaïlande – ont vu des plaintes être déposées contre des soldats israéliens depuis janvier. Dans la majorité des cas, les soldats visés étaient de simples touristes israéliens.
Au Brésil, un soldat a été sommé de quitter le pays en janvier. À Chypre, un autre soldat a fui après une plainte de la Hind Rajab Foundation.
Le ministère israélien des Affaires étrangères s’est contenté de dire que le sujet relevait de l’IDF, qui a elle-même répondu que les affaires internationales relevaient de la diplomatie. Une réponse en forme de ping-pong administratif.
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