11:55, 31/07/2026, vendredi
Gaza: Israël détruit la mosquée Al-Muttaqin malgré le cessez-le-feu
À Gaza, une frappe israélienne a détruit la mosquée Al-Muttaqin, près d'un camp de déplacés. Des habitants ont évacué leurs tentes juste avant l'impact. L'armée israélienne invoque un stockage d'armes du Hamas. Les autorités religieuses dénoncent de "faux prétextes" et réclament une protection internationale des lieux de culte. Un témoin remet en cause la réalité du cessez-le-feu, évoquant des attaques quotidiennes. La trêve reste extrêmement fragile.
Une nouvelle frappe israélienne a réduit un lieu de culte en ruines à Gaza. La mosquée Al-Muttaqin a été détruite, dans une zone où vivent des familles déplacées. Cette attaque relance les inquiétudes sur le respect du cessez-le-feu.
Une frappe israélienne sur la mosquée Al-Muttaqin
Des Palestiniens ont quitté leurs tentes en urgence, près de la mosquée Al-Muttaqin, à Gaza. Quelques instants plus tard, une frappe israélienne a touché l'édifice. Les tentes se trouvaient à proximité immédiate du bâtiment.
Selon des images de l'AFP, des dizaines de personnes ont évacué les lieux avant l'impact. Aucune victime n'a été signalée dans l'immédiat. Cependant, la mosquée, elle, n'a pas résisté au bombardement.
L'armée israélienne a reconnu avoir visé le site. Elle affirme que le mouvement Hamas l'utilisait comme entrepôt d'armes. Par ailleurs, elle inscrit cette opération dans une série d'attaques récentes.
"Au cours de la semaine écoulée, l'armée israélienne a frappé et démantelé plusieurs sites de stockage d'armes du Hamas dans le centre et le nord de la bande de Gaza"
, a-t-elle indiqué.Un ordre d'évacuation avant le bombardement
Le scénario s'est répété comme souvent à Gaza. En effet, un appel a précédé la destruction. Les services de renseignement israéliens ont ordonné l'évacuation totale de la zone.
Le camp d'Al-Taawun et ses environs étaient visés par cette consigne. Une demi-heure plus tard, les frappes ont touché la mosquée et deux maisons voisines. Ainsi, un quartier entier a basculé en quelques minutes.
Pour les habitants, cet avertissement ne change rien à la peur quotidienne. De plus, il n'efface pas les pertes matérielles. Les déplacés retrouvent chaque jour un environnement plus dévasté.
"Est-ce cela un cessez-le-feu ?"
Sur place, la colère domine. Un témoin oculaire, Shehadeh Badawi, met en cause la réalité de la trêve. Pour lui, les mots ne correspondent pas aux faits.
"Est-ce cela un cessez-le-feu ? Chaque jour il y a des attaques, chaque heure, à chaque instant. Il y a des frappes partout"
, a-t-il dénoncé.Il décrit un climat de menace permanent.
"Ils menacent et frappent, qu'il s'agisse de véhicules civils ou de tout autre cible qu'ils bombardent"
, ajoute-t-il. Son témoignage rejoint celui de nombreux habitants.En effet, Israël et le Hamas s'accusent presque chaque jour de violer le cessez-le-feu. La bande de Gaza reste dévastée après deux années de guerre. C'est pourquoi chaque frappe ravive les tensions.
Les autorités religieuses appellent à protéger les lieux de culte
Les responsables religieux de Gaza réagissent avec fermeté. Amir Abou al-Amrain dirige le ministère des Affaires religieuses dans le territoire. Il conteste totalement la version israélienne.
Selon lui, les forces israéliennes ont
"complètement détruit"
la mosquée. Il dénonce des "faux prétextes"
pour justifier cette destruction. Par ailleurs, il refuse l'argument du stockage d'armes.Le responsable réclame une réaction internationale rapide. Il appelle à une intervention urgente pour protéger les lieux de culte. De plus, il place la question sur le terrain du droit et de la dignité.
Les mosquées occupent une place centrale dans la vie des Gazaouis. Leur destruction touche donc bien plus que des murs. Elle atteint aussi la mémoire et le quotidien d'une population épuisée.
Une trêve fragile, une population sous tension
La frappe contre la mosquée Al-Muttaqin illustre la fragilité de la situation. Le cessez-le-feu tient sur le papier. Sur le terrain, cependant, les habitants décrivent une violence continue.
Les déplacés vivent au rythme des ordres d'évacuation. Ils plient leurs tentes, fuient, puis reviennent. Cette instabilité pèse lourdement sur les familles et les enfants.
Face à ces événements, les appels à la protection des civils se multiplient. La communauté internationale reste, elle, largement attentiste. En attendant, Gaza compte ses ruines, jour après jour.
A lire également:

International
Cisjordanie: le génocide silencieux

International
Saba Rabah, major du bac à Gaza malgré la guerre et le deuil

International
Mathilde Panot: "Nous ne nous tairons pas face au génocide du peuple palestinien"
Titres : gazaisraëlcamp al-taawunconflit israélo-palestinienmosquée al-muttaqinviolations du cessez-le-feucessez-le-feufrappe israélienneprotection internationalehamasbande de gazalieux de culteamir abou al-amrainshehadeh badawidéplacés palestiniensfrappe israélienne Gazadestruction mosquée Gazacessez-le-feu Gazalieux de culte Gazaministère des Affaires religieuses GazaPalestine










