15:04, 30/07/2026, jeudi
Saba Rabah, major du bac à Gaza malgré la guerre et le deuil
À Gaza, Saba Rabah, 18 ans, s'est classée première du pays au bac en filière scientifique avec 99,9 %. Elle a réussi malgré la destruction de sa maison, les déplacements et le martyre de son père. Peu avant les épreuves, une frappe israélienne l'a forcée à fuir. Elle dédie sa victoire à son père et rêve d'entrer en faculté de médecine.
À Gaza, une adolescente vient de bouleverser tout un peuple. Saba Rabah, 18 ans, a décroché la première place nationale au baccalauréat en filière scientifique. Elle a obtenu un score de 99,9 %. Ce résultat force l'admiration, car la jeune fille l'a arraché sous les bombes israéliennes.
Son parcours résume la résilience de toute une génération. En effet, malgré la destruction de sa maison, les déplacements répétés et la mort de son père, elle n'a jamais renoncé. Ainsi, son histoire dépasse largement le cadre d'une simple réussite scolaire.
Une première place nationale au "Tawjihi"
Saba Rabah a passé le "Tawjihi", l'examen équivalent au baccalauréat dans les Territoires palestiniens occupés. Elle a terminé première du pays en filière scientifique.
"J'ai obtenu 99,9 % de réussite, première place nationale dans la filière scientifique"
, a-t-elle déclaré. Elle s'exprimait lors d'une fête organisée en son honneur à al-Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.Ces épreuves revêtent une portée symbolique forte. De fait, il s'agit des premiers examens organisés depuis octobre 2023. Ils se sont tenus en juin, simultanément à Gaza, en Palestine occupée (Cisjordanie), en Égypte et dans plusieurs pays abritant des communautés palestiniennes.
Cette année, près de 89 000 élèves ont composé. Parmi eux, plus de 25 000 concouraient en filière scientifique. C'est précisément dans cette section que Saba Rabah a signé le meilleur score du pays.
Réussir sous les bombardements
Le contexte de cette réussite dépasse l'entendement. Peu avant les épreuves, la jeune femme a dû fuir son logement provisoire du camp d'al-Maghazi. En effet, l'armée israélienne venait de bombarder une maison voisine.
"Il y a quelques jours, pendant les examens, la maison en face de chez nous a été bombardée"
, raconte-t-elle. "Nous avons tout laissé tomber et nous nous sommes enfuis."
Sa famille a déjà tout perdu une première fois. Leur maison a été détruite, puis ils ont loué un autre logement. Cependant, la maison d'en face a de nouveau été visée. Saba a même perdu la moitié de ses livres scolaires.
Les coupures d'électricité et d'Internet ont encore compliqué sa préparation. Par conséquent, elle devait franchir la "ligne jaune" pour passer ses examens à l'est de la ville. Elle prenait aussi des cours particuliers dans ce secteur. À chaque trajet, elle ignorait ce qui pouvait lui arriver en chemin.
Une réussite dédiée à un père martyr
Derrière ce triomphe se cache une immense douleur. Le père de Saba, Fayed Rabah, a été tué durant la guerre. La famille a d'ailleurs vécu une semaine sous une tente après son martyre.
La jeune fille a tenu à lui dédier sa victoire.
"Je dédie cette réussite à l'âme de mon père martyr, Fayed Rabah"
, a-t-elle confié. Elle a aussi remercié sa mère, sa sœur, le Dr Nada, ses frères et ses enseignants.Son père nourrissait un rêve précis pour elle. C'est pourquoi Saba veut aujourd'hui le concrétiser coûte que coûte.
Le rêve de la médecine
L'ambition de la lauréate est désormais claire. Elle souhaite intégrer la faculté de médecine.
"Mon ambition est d'entrer en faculté de médecine"
, explique-t-elle. "Je veux poursuivre tout ce qui est nécessaire pour réaliser le rêve que mon père avait formé."
Grâce à son score exceptionnel, ce parcours lui est largement ouvert. De plus, sa détermination laisse peu de place au doute.
Le symbole d'une jeunesse qui refuse de plier
Le succès de Saba Rabah dépasse son cas personnel. Il incarne la résistance d'une jeunesse palestinienne privée d'école, mais jamais d'espoir.
Malgré les deuils et les ruines, ces élèves ont continué d'étudier. Ainsi, ils opposent le savoir à la destruction. Leur ténacité envoie un message clair au monde entier.
Saba Rabah, elle, a transformé sa douleur en force. Par ailleurs, son histoire rappelle que l'éducation reste une arme de dignité. À Gaza, apprendre relève aujourd'hui d'un véritable acte de courage.
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