France/Nouveau premier ministre: LFI refuse de rencontrer Macron
17:23, 07/12/2024, samedi
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Ludovic MARIN AFP
Le député français du groupe La France Insoumise - Nouveau Front Populaire (LFI - NFP) Manuel Bompard (C) prononce un discours lors d'une séance de débat sur la première partie du projet de loi de finances 2025 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 22 octobre 2024.Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), a fermement rejeté, ce vendredi soir, l'invitation de l'Élysée à participer aux consultations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement. Dans un long message publié sur X, il a réaffirmé les principes fondamentaux de son mouvement tout en adressant une critique directe aux partis se disant prêts à dialoguer avec le Président Emmanuel Macron.
"J'ai été contacté par l'Élysée en vue d'un rendez-vous ce lundi pour participer à des négociations gouvernementales avec la droite",
a écrit Manuel Bompard. "J'ai rappelé notre position : nous n'acceptons pas le coup de force du Président de la République qui a refusé de reconnaître le résultat des dernières élections en nommant un Premier ministre issu du parti qui y a réalisé le moins de voix",
a-t-il déclaré en référence aux élections législatives anticipées de l'été dernier.Le coordinateur insoumis a également dénoncé les récents propos d'Emmanuel Macron concernant l'usage de la motion de censure.
Nous n'acceptons pas que soit qualifié d'anti-républicain le recours à la motion de censure, alors que celle-ci est la contrepartie prévue par la Constitution en cas de refus du passage en force d'une loi par 49.3.
Tout en réaffirmant son opposition au chef de l'État, Manuel Bompard a exclu catégoriquement toute participation de LFI à un gouvernement incluant les forces présidentielles ou de la droite traditionnelle. "
En toute hypothèse, il n'est pas question de renier le mandat que les électeurs nous ont donné. Nous ne braderons pas le programme sur lequel ont été élus tous les députés du Nouveau Front Populaire",
a-t-il insisté.Manuel Bompard a également pris soin de se démarquer des démarches du Parti socialiste, qui, selon lui, envisagerait des compromis pour intégrer un éventuel gouvernement.
"Les démarches entreprises en ce sens par le Parti socialiste, proposant par exemple d'abandonner l'abrogation de la retraite à 64 ans pour participer à un gouvernement, n'engagent que lui",
a-t-il déclaré, précisant qu'"aucun accord entre un parti du Nouveau Front Populaire et les partis présidentiels ne nous engagerait".
Cette prise de position s'inscrit dans un contexte tendu, marqué par la volonté d'Emmanuel Macron de constituer un
"gouvernement d'intérêt général"
après la censure de Michel Barnier. Les consultations à l'Élysée, qui ont débuté ce vendredi, excluent les Insoumis, les Écologistes et le Rassemblement national.
Pour garantir une majorité relative dans une Assemblée nationale éclatée, le chef de l'État français doit rallier ou neutraliser des oppositions modérées, notamment parmi les socialistes et les Républicains. Mais cette stratégie, fondée sur des alliances fragiles, reste incertaine, tandis que des partis comme LFI maintiennent une ligne inflexible.
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