C'est ce qu'a rapporté le quotidien Le Parisien, samedi, à l'occasion d'une interview exclusive du locataire de Beauvau.
"Tant que j'ai la conviction d'être utile et que les moyens me sont donnés, je serai mobilisé. Mais si on me demandait de céder sur ce sujet majeur pour la sécurité des Français, évidemment que je le refuserais",
a notamment déclaré le ministre Retailleau.Dans son argumentaire, le ministre de l'Intérieur a rappelé l'attaque de Mulhouse (qui avait fait un mort), menée par un Algérien visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et que la France n'a pas pu expulser, faute de laissez-passer consulaire, malgré une dizaine de demandes.
Dans son bras de fer contre l'Algérie, le ministre de l'Intérieur a expliqué qu'il entendait mener une démarche "graduée",
pouvant aller jusqu'à la remise en question de l'accord de 1968, régissant la migration entre Paris et Alger. Pour rappel, le contentieux historique entre l'Algérie et la France est très profond. En plus de la question des archives et la restitution des biens d'Algériens confisqués, l'Algérie réclame aussi des réparations sur les essais nucléaires français en Algérie et l'indemnisation des victimes. L'Algérie réclame aussi la reconnaissance des crimes coloniaux par la France officielle.
Les relations entre les deux pays se sont dégradées davantage, depuis l'été 2024, sur fond de reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. En réaction, l'Algérie a retiré son ambassadeur à Paris et le président Tebboune a annulé un déplacement en France, prévu initialement en septembre 2024.
Plus récemment, l'affaire de l'emprisonnement de l'écrivain algéro-français, Boualem Sansal et le refoulement de migrants en situation irrégulière, dont l'influenceur algérien Doualemn, ont suscité la colère des autorités françaises qui menacent désormais de recourir au "rapport de force",
selon les déclarations répétitives du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. Côté algérien, le président Abdelmajid Tebboune a pointé "des déclarations hostiles tous les jours de politiques français",
qualifiant le dialogue avec le président Macron de "perte de temps"
et mettant en garde contre "une séparation qui deviendrait irréparable".
"Nous avions beaucoup d'espoirs de dépasser le contentieux mémoriel (...) Mais, plus rien nʼavance si ce nʼest les relations commerciales. Le dialogue politique est quasiment interrompu",
a-t-il déploré.Le 25 février 2025, Paris a décidé de restreindre l'accès au territoire français de certains responsables algériens pour "défendre les intérêts des Français".

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