Seuls 189 députés se sont prononcés pour, sur les 289 voix nécessaires pour faire tomber l'Exécutif.
Avant le vote, le Premier ministre François Bayrou a rappelé qu'en 6 mois à Matignon, il affrontait ce mardi la huitième motion de censure visant à l'évincer de Matignon.
Il promet que malgré cette motion, il "y aura un projet de loi"
qui "reprendra les avancées nombreuses et significatives"
du conclave sur les retraites. Défendant néanmoins la réforme des retraites adoptée en 2024, il assure que "si rien n'est fait, (…) rien que pour le régime général, ce sont 350 milliards d'euros de dettes qui seraient accumulés dans les 20 années qui viennent".
"Je nie absolument à cette tribune que le conclave ait été un échec (…) même s'il est vrai que certains participants n'ont pas osé faire le dernier pas"
, a-t-il poursuivi. Il rappelle, par ailleurs, que suite à ces négociations qui ont duré quatre mois, réunissant les partenaires sociaux, les syndicats et les partis politiques, "l'âge de la suppression de la décote sera fixé non plus à 67 ans, mais à 66 ans et demi"
. Avant lui, la députée Estelle Mercier, qui prenait la parole à la tribune pour défendre la motion de censure au nom du PS, avait accusé le chef du gouvernement d'avoir "vidé le conclave de sa substance"
et d'avoir "choisi le déshonneur en rompant (sa) promesse".
"Vous n'avez eu de cesse de saboter toutes les initiatives de compromis (...) et vous avez fragilisé durablement la démocratie sociale
, a-t-elle lancé en direction de François Bayrou. Cette motion de censure a, ainsi, recueilli l'adhésion d'une majorité des députés de gauche mais n'avait aucune chance d'aboutir sans les votes du Rassemblement national (RN), qui a refusé de s'y joindre.
Le député Gaëtan Dussausaye, qui prenait la parole au Palais Bourbon pour défendre la position du parti d'extrême-droite, a donné rendez-vous au gouvernement au moment de l'examen du budget 2026 pour une éventuelle prochaine motion.
"Rendez-vous au budget, pour déterminer l'espérance de vie restante de votre gouvernement",
a-t-il déclaré en s'adressant à François Bayrou après avoir accusé la gauche de "mentir aux Français"
en les laissant croire que l'adoption de cette motion de censure "permettrait par magie de leur rendre les deux années de retraite volées par la macronie"
.Pour rappel, la réforme des retraites, contestée par une écrasante majorité des Français, a été adoptée en mars 2023 sans passer par le vote de l'Assemblée nationale, grâce au recours de l'article 49.3 de la Constitution permettant au gouvernement d'engager sa responsabilité pour faire adopter un projet de loi.
Suite à ce passage en force du gouvernement d'Elisabeth Borne, les appels à abroger cette réforme se sont multipliés.
François Bayrou a alors engagé des négociations avec les différentes parties concernées depuis février dernier, afin d'éviter que son gouvernement ne soit censuré.
Face à l'échec des négociations, le PS et La France Insoumise (LFI) avaient immédiatement annoncé le dépôt d'une motion de censure.
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