France: le Parlement adopte l’allongement de la durée maximale de rétention administrative pour les étrangers jugés dangereux
10:08, 17/06/2026, mercredi
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Stéphane de SakutinAFP
Cette mesure intervient dans le sillage du meurtre de l’étudiante Philippine en 2024, affaire qui avait suscité une vive émotion en France.
Le Parlement français a définitivement adopté mardi une proposition de loi portant à 210 jours, soit sept mois, la durée maximale de rétention administrative de certains étrangers en situation irrégulière considérés comme dangereux, selon les médias français.
Le texte, soutenu par le gouvernement et porté par le député Renaissance Charles Rodwell, a été approuvé par l’Assemblée nationale par 345 voix contre 177, après avoir reçu l’aval du Sénat la veille.
Cette mesure intervient dans le sillage du meurtre de l’étudiante Philippine en 2024, affaire qui avait suscité une vive émotion en France.
Le principal suspect, un ressortissant marocain visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), avait été remis en liberté après une période de rétention administrative.
Jusqu’à présent, la durée maximale de rétention était fixée à 90 jours, sauf pour les personnes condamnées pour terrorisme, pour lesquelles elle pouvait atteindre 180 jours.
La nouvelle loi porte ce plafond à 210 jours à titre exceptionnel pour les étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et représentant une menace
"réelle, actuelle et d’une particulière gravité"
pour l’ordre public."Mesure jugée inefficace"
Le dispositif vise notamment les étrangers condamnés définitivement pour certains crimes ou délits passibles d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Il étend également à 210 jours la durée maximale de rétention des personnes condamnées pour des faits de terrorisme.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a salué un texte qui
"tire les leçons"
du drame de Philippine en corrigeant ce qu’il a qualifié de "dysfonctionnements objectifs"
. Charles Rodwell a, de son côté, estimé que la loi permettait de renforcer la sécurité tout en respectant l’État de droit.La gauche s’est opposée au texte. Le député de La France insoumise Andy Kerbrat a affirmé que cette réforme n’aurait pas empêché le meurtre de Philippine, rappelant que le suspect avait été libéré avant même d’atteindre la durée maximale de rétention alors en vigueur.
40 000 personnes
Des élus socialistes ont également dénoncé une mesure jugée inefficace et essentiellement symbolique.
La loi prévoit par ailleurs la création d’une
"injonction d’examen psychiatrique"
décidée par le préfet dans certains cas liés à la prévention du terrorisme, ainsi qu’un dispositif de "rétention de sûreté terroriste"
permettant le placement de certains individus dans des centres de soins à l’issue de leur peine de prison lorsqu’ils présentent un risque de récidive.Selon les associations intervenant dans les centres de rétention administrative (CRA), plus de 40 000 personnes y ont été retenues en 2024.
Ces organisations critiquent régulièrement l’allongement des durées de rétention, estimant que les expulsions interviennent principalement durant les premières semaines de placement.
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