France : Fedorova conteste son expulsion et réclame des preuves
11:50, 24/08/2026, lundi
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L’ancienne directrice de RT France, Xenia Fedorova.Expulsée de France et visée par un gel de ses avoirs, l’ancienne directrice de RT France Xenia Fedorova conteste les accusations d’ingérence et réclame au ministre Jean-Noël Barrot de produire des preuves.
Une tribune pour réclamer des preuves
Selon une tribune publiée dimanche par Le Journal du Dimanche (JDD), Xenia Fedorova rejette avec fermeté les accusations d’ingérence russe qui justifient son expulsion du territoire français et le gel de ses avoirs.
L’ancienne directrice de RT France interpelle directement le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot pour qu’il rende publiques les preuves étayant ces mesures drastiques.
"On m’accuse d’ingérence. On m’expulse. On gèle mes avoirs. Mais où sont les preuves ?"
, écrit-elle dans ce texte, contestant formellement avoir participé à des opérations visant à déstabiliser la France ou à influencer le débat public de manière occulte.Elle met également en garde contre une définition trop extensive de la notion d’ingérence, qui risquerait selon elle de devenir un instrument permettant de restreindre arbitrairement le débat public, de limiter la liberté d’expression ou de qualifier automatiquement de manipulation toute intervention médiatique.
"Le gouvernement devra tôt ou tard se confronter aux preuves",
affirme-t-elle, exigeant que les accusations d’ingérence reposent sur des éléments concrets et vérifiables plutôt que sur des présomptions générales.L'arrêté d'expulsion et sa contestation judiciaire
Le ministère français de l’Intérieur avait pris le 29 juillet un arrêté d’expulsion à l’encontre de Mme Fedorova, invoquant une atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État et une
"menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public"
. Les autorités françaises lui reprochent notamment de servir de relais à des campagnes de désinformation attribuées aux autorités russes et susceptibles, selon elles, de contribuer à une déstabilisation de l’ordre public et du processus démocratique national, dans une période préélectorale sensible.
Toutefois, le tribunal administratif de Paris a rejeté le 14 août son recours en référé-suspension contre cette mesure d’expulsion. La juridiction a précisé que cette décision, fondée sur l’absence de condition d’urgence, ne préjugeait en rien de la légalité de la mesure et ne tranchait pas le fond de la contestation.
Par ailleurs, cette affaire intervient dans un contexte de durcissement général de la politique française face aux soupçons d’ingérences étrangères, notamment russes, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, alors que les autorités affirment depuis plusieurs mois être confrontées à des opérations de désinformation visant le débat public et certains responsables politiques.
Des réseaux d'influence dans le viseur des autorités
Le dossier Fedorova s’inscrit dans une série d’accusations françaises concernant des opérations d’influence attribuées à des réseaux pro-russes.
Le service français de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) a notamment attribué des opérations de désinformation menées cet été aux réseaux Matriochka et Storm-1516, selon des informations relayées par la presse française.
Ces opérations auraient notamment visé les personnalités politiques Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann, cherchant à semer le trouble dans le débat démocratique et à influencer l'opinion publique.
De plus, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons d’ingérence visant des candidats à l’élection présidentielle de 2027.
Gabriel Attal a notamment accusé Moscou de chercher à influencer le scrutin, tandis que les autorités françaises ont multiplié ces dernières années les mises en garde contre les campagnes de désinformation et les tentatives d'influence étrangères.
Dans une tribune publiée le 20 août, Jean-Noël Barrot a défendu cette politique, arguant qu’il convient de distinguer une opinion, même critique, de la manipulation de l’information et de l’ingérence étrangère.
Il a présenté le cas de Fedorova comme un exemple de ce qu’il décrit comme des opérations de déstabilisation pilotées par le Kremlin, la qualifiant de
"professionnelle de la subversion"
.Moscou dénonce des accusations "infondées"
Dans une réponse écrite à l’agence Anadolu (AA), le ministère russe des Affaires étrangères (MID) a rejeté les accusations d’ingérence dans le processus électoral français de 2027, les qualifiant d’infondées.
Moscou accuse également les autorités françaises d’exploiter la
"menace russe"
pour justifier leur politique à l’égard de la Russie et de mener une campagne systématique d'accusations sans fondement. S’agissant des accusations formulées par VIGINUM, le MID a déclaré que les tentatives d’attribuer à la Russie une ingérence dans la campagne présidentielle de 2027 ne le surprenaient pas et a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de
"propagande anti-russe"
menée par des cercles occidentaux.En outre, l’ambassade de Russie en France avait précédemment déclaré à AA que la Russie ne s’ingérait pas dans les affaires intérieures des États souverains et respectait les principes de non-ingérence.
La controverse autour de Fedorova intervient ainsi au cœur d’un affrontement plus large entre Paris et Moscou sur les ingérences étrangères, la désinformation et la protection du processus démocratique français, posant la question des éléments précis sur lesquels reposent les accusations françaises et de la manière dont ceux-ci peuvent être conciliés avec les garanties liées à la liberté d’expression dans un État de droit.
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