France / Budget 2027 : Lecornu accuse Panot de "déserter", elle dénonce un "chantage"
09:49, 24/08/2026, lundi
AA

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT POOL / AFP
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu arrive pour une réunion avec des responsables à Technowest, à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 17 août 2026, à la suite de l'énorme incendie de forêt.Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a répliqué dimanche à Mathilde Panot qui l'accusait de "chantage" sur le budget 2027, dénonçant une "désertion" des députés et mettant en garde contre les risques financiers.
Lecornu dénonce une "désertion" des députés
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a répondu aux accusations de Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale.
Cette dernière l'avait qualifié de "menteur" et dénoncé un
"chantage"
concernant le projet de budget 2027. Lecornu a rejeté ce terme avec fermeté tout en mettant en garde contre les conséquences d'un non-remboursement de la dette française."Vous parlez de 'chantage'. Non. Un budget, c'est le travail du Parlement"
, a-t-il écrit. Il a précisé qu'un député "n'est ni un commentateur ni un lanceur d'alerte permanent"
mais "élu et indemnisé par les Français pour examiner les textes, les amender, négocier et, ensuite le cas échéant, les voter ou non"
. Selon le chef du gouvernement,
"annoncer la censure avant même d'avoir travaillé le projet proposé, ce n'est pas faire son travail : c'est déserter".
Mise en garde sur la dette et les taux prohibitifs
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a qualifié d'
"escroquerie à l'état pur"
l'idée de "foutre au feu 600 milliards d'euros de dette"
. Il a expliqué que les intérêts de la dette détenue par la Banque de France sont reversés au Trésor public sous forme de dividendes, estimant que cette proposition "ne rapporte rien"
et "détruirait l'actif le plus important de notre pays, la confiance".
Le Premier ministre a rappelé que la France doit lever 310 milliards d'euros cette année sur les marchés financiers. Toutefois, en cas de reniement de sa signature, les créanciers exigeraient des taux prohibitifs, avec des répercussions immédiates sur le crédit des familles et des entreprises.
Dans le pire des cas, l'accès de l'État au crédit pourrait être coupé, contraignant alors à des hausses massives d'impôts et à des coupes brutales dans l'éducation, la santé, la sécurité, l'écologie, la défense ainsi que les collectivités locales.
Panot dénonce un "chantage" annuel
Dans un entretien accordé à BFM TV dimanche, Mathilde Panot a dénoncé
"chaque année (...) le même chantage"
. Elle a affirmé que Sébastien Lecornu "explique qu'il n'utilisera pas le 49.3 pour à la fin l'utiliser", le qualifiant de "menteur"
. Elle a également accusé le Premier ministre de vouloir
"s'en prendre aux malades, aux retraités, aux étudiants pour ne pas s'en prendre aux 13.000 millionnaires qui ne payent pas un seul euro d'impôt sur le revenu".
De plus, la cheffe de file des députés LFI a appelé au départ du Premier ministre et plaidé pour
"une autre politique économique avec Jean-Luc Mélenchon"
en 2027. Interrogée sur un possible nouveau dépôt de motion de censure, elle a indiqué que son groupe continuerait,
"dès qu'il y a un 49.3, à faire respecter les droits démocratiques et le Parlement et à déposer des motions de censure"
. "Nous avons toujours pour objectif de censurer cette politique qui est uniquement une politique pour les plus riches"
, a-t-elle ajouté.Contexte de la lettre aux parlementaires
Ces échanges virulents font suite à un message publié samedi par le Premier ministre sur X, dans lequel il annonçait écrire à chaque parlementaire à l'approche du débat budgétaire.
Il y affirmait que l'absence de budget pour 2027 créerait du désordre et de l'instabilité financière, exposant l'État comme les Français à une hausse des taux d'intérêt.
En outre, Sébastien Lecornu y distinguait une loi spéciale,
"filet de sécurité temporaire"
, d'un budget véritable, estimant qu'une simple prolongation paralyserait de nombreux secteurs notamment la défense, le bâtiment, l'agriculture ou la recherche. Il assurait que voter un budget ne préempte pas le choix futur des Français, la future majorité pouvant le modifier comme en 2002 et en 2012.
Selon la même source, il promettait des économies structurelles et non un rabot aveugle, tout en protégeant les investissements de souveraineté et la compétitivité des entreprises.
Il jugeait enfin
"absurde"
d'évoquer le recours à l'article 49.3 ou aux ordonnances avant de connaître le projet, affirmant vouloir prendre le temps du débat et du compromis. Pour rappel, la tension autour du budget 2027 s'inscrit dans un contexte de fragmentation politique à l'Assemblée nationale française, où aucune majorité absolue ne s'est dégagée depuis les dernières élections législatives.
A lire également:

International
France : Lecornu presse les parlementaires d'adopter le budget 2027

International
France : hausse des salaires enseignants portée par les primes

Économie
France : Lecornu met en avant la simplification économique

International
France : la loi RIPOST promulguée et entrée en application

International
France : grève illimitée des sapeurs-pompiers dès le 26 septembre
Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.