Ethiopie : reprise des vols à Mekelle, le chef du renseignement arrive
12:12, 11/10/2026, dimanche
AFP

Photo par AMANUEL SILESHI / AFP
Le conseiller à la sécurité nationale de l’Éthiopie, Redwan Hussein (G), assiste à une session du Parlement, à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 15 novembre 2022Le chef du renseignement éthiopien Redwan Hussein a atterri dimanche à Mekelle à bord du premier vol commercial depuis la reprise de la desserte aérienne, suspendue deux semaines en raison des combats entre l'armée fédérale et les rebelles du TPLF, a annoncé Ethiopian Airlines.
Reprise des vols et arrivée des officiels
Selon la compagnie publique Ethiopian Airlines, seule opérateur desservant cette région, les vols vers la capitale du Tigré ont repris dimanche après une interruption de deux semaines. Cette suspension avait été décrétée à la suite de la reprise des hostilités fin septembre entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ainsi que les milices Fano de l'État voisin de l'Amhara.
Par ailleurs, le premier aéronef en provenance d'Addis Abeba transportait le chef du renseignement éthiopien Redwan Hussein, conseiller proche du Premier ministre Abiy Ahmed. Il était accompagné du ministre des Affaires est-africaines Getachew Reda, ancien chef rebelle tigréen, ainsi que du général Gebreegziabher Beyene, commandant de la Force de paix du Tigré (TPF), une milice pro-gouvernementale.
Témoignages des passagers
À bord de cet appareil inaugural se trouvait également Natanael Solomon, un passager de 29 ans, qui s'est réjoui de cette reprise.
"La reprise des vols va nous permettre de relancer notre activité (...) nous retrouvons aussi nos familles",
a-t-il déclaré à l'AFP.De plus, un autre voyageur, Filmon Haile, 27 ans, a décrit un soulagement immense après des semaines de tension.
"Nous étions à Addis Abeba et entendions parler de frappes de drones à Mekelle (...) nous craignions constamment que nos familles aient été blessées",
a-t-il souligné en évoquant une "situation très angoissante"
due également à la coupure des lignes téléphoniques.Contexte des hostilités et craintes régionales
Les forces du TPLF, soutenues selon Addis Abeba par les forces érythréennes, avaient pris le contrôle de l'aéroport de Mekelle le 23 septembre avant de se retirer la semaine dernière, la ville étant passée sans combats aux mains de l'armée fédérale. Toutefois, les vols demeurent suspendus vers Shire et Axoum, les deux autres aéroports de la région, bien que les communications téléphoniques aient été rétablies.
En outre, les tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée alimentent les craintes d'un conflit ouvert, avec le déploiement de troupes érythréennes et une escalade verbale entre les deux voisins ces derniers jours. Accusée par Addis Abeba
"d'agression"
justifiant la "légitime défense",
Asmara a demandé samedi au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner une "déclaration de guerre déplorable"
éthiopienne, avertissant qu'elle "déstabilisera la région tout entière".
Pour rappel, une guerre dévastatrice avait opposé le gouvernement fédéral au TPLF entre 2020 et 2022, causant au moins 600 000 morts selon l'Union africaine, estimation jugée basse par plusieurs observateurs. Les protagonistes actuels, Getachew Reda et Redwan Hussein, avaient notamment signé l'accord de paix de Pretoria qui avait mis fin aux combats.
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