Ethiopie-Erythrée : appel américain et mini-sommet en Egypte
13:21, 04/10/2026, dimanche
AFP

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Appel américain et mini-sommet en EgypteLes États-Unis ont exhorté samedi l'Éthiopie et l'Érythrée à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue, tandis qu'un mini-sommet réunissant les dirigeants érythréen, égyptien, somalien et le chef de l'armée soudanaise doit se tenir dimanche en Egypte, selon des sources concordantes.
Appel américain à la désescalade
Selon un communiqué du département d'État américain, les tensions frontalières entre l'Éthiopie et l'Érythrée risquent de déstabiliser l'ensemble de la Corne de l'Afrique.
"Les tensions frontalières accrues entre l'Éthiopie et l'Érythrée ont le potentiel d'affecter toute la région. La Corne de l'Afrique ne peut subir d'autre conflit militaire et crise humanitaire"
, a affirmé la diplomatie américaine. Par ailleurs, Washington a appelé les deux capitales à respecter la souveraineté de leurs voisins et à éviter toute escalade."Nous appelons fermement l'Éthiopie et l'Érythrée à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de leurs voisins, d'exercer la retenue maximale et de revenir au dialogue",
a-t-il ajouté. Selon des sources concordantes, un mini-sommet doit réunir dimanche à Alamein, en Egypte, les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi, érythréen Issaias Afeworki et somalien Hassan Sheikh Mohamud, ainsi que le chef des Forces armées soudanaises (SAF) Abdel Fattah al-Burhane.Ruptures diplomatiques et accusations croisées
L'Éthiopie accuse l'Érythrée, l'Égypte et les SAF de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dans un contexte de rivalités autour de la mer Rouge. De plus, Addis Abeba est accusée de servir de plateforme aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) que les SAF combattent depuis 2023 au Soudan. Tandis que Le Caire considère également le grand barrage éthiopien sur le Nil (Gerd) comme une menace existentielle, Mogadiscio dénonce le rapprochement entre Addis Abeba et le Somaliland.
Vendredi, l'Éthiopie a fermé son ambassade à Asmara et sommé dix diplomates érythréens à quitter le territoire, dénonçant des actes
"d'hostilité et de belligérence".
L'Érythrée a répondu en rompant les relations diplomatiques. Par ailleurs, un diplomate égyptien a été déclaré persona non grata par Addis Abeba, entraînant une mesure de réciprocité immédiate du Caire. Quelques heures plus tôt, des explosions de drones avaient visé deux bâtiments militaires à Addis Abeba, une première depuis longtemps.Offensive fédérale sur Mekele
Après des mois de tensions, les combats ont repris fin septembre dans le nord de l'Éthiopie opposant l'armée fédérale au TPLF et aux milices Fano de l'Amhara. Les troupes gouvernementales sont entrées samedi dans Mekele, la capitale du Tigré largement abandonnée par les forces régionales rebelles, a indiqué à l'AFP une source humanitaire. Selon un journaliste local, les dirigeants du TPLF ont quitté la ville à mesure que avançaient les unités fédérales, tandis que les bâtiments officiels restaient sans surveillance.
En avril, le TPLF, qui avait dirigé l'Éthiopie pendant près de trois décennies jusqu'en 2018, avait chassé du Tigré l'administration nommée par le gouvernement fédéral, défiant ouvertement l'autorité du Premier ministre Abiy Ahmed. Les réseaux de télécommunications restent extrêmement perturbés dans la région, rendant difficile la vérification des informations qui filtrent depuis le début des hostilités.
Menace de guérilla et contexte historique
Dans une vidéo publiée jeudi soir, le président du TPLF Debretsion Gebremichael a semblé acter les revers militaires et prôné un basculement vers la guérilla.
"Notre stratégie est de frapper l'ennemi où nous voulons",
a-t-il déclaré, rappelant que le mouvement avait déjà chassé "dans le passé"
les forces gouvernementales hors du Tigré "en huit mois". "Nous les vaincrons à nouveau, ce n'est qu'une question de temps"
, a-t-il assuré.En novembre 2020, l'armée fédérale avait pris Mekele en trois semaines lors d'une offensive contre le TPLF qu'elle accusait d'avoir attaqué des camps militaires. Retranché dans les montagnes, le mouvement rebelle avait repris la capitale régionale en juin 2021 après plusieurs mois de guérilla, avant d'être stoppé par des drones à environ 200 km d'Addis Abeba. Un accord de paix signé fin 2022 avait mis fin aux combats, mais plusieurs dispositions-clés n'ont jamais été mises en œuvre, alimentant les tensions actuelles.
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